Les tombeaux des ducs de Bourgogne

Les tombeaux des ducs de Bourgogne se trouvaient à l'origine dans la chartreuse de Champmol. C'étaient des cénotaphes car les restes des ducs se trouvaient dans des caveaux construits dans la cathédrale. Ils n'ont été identifiés qu'en 1841.

La destruction des tombeaux des ducs est décidée au cours de la délibération du conseil général de la commune de Dijon le 8 août 1793, confirmée par les arrêtés du district de l'arrondissement et du directoire du département de la Côte-d'Or du 23 frimaire an II (13 décembre 1793). L'arrêté prévoit que les sculptures des ducs soient réduites en blocs et que les autres parties des monuments soient conservées. Sur les 80 statuettes de pleurants, 70 ont été déposées dans le local du musée. Les tables et bases en marbre noir de Dinant ont été mises en dépôt dans la cathédrale où les tombeaux avaient été transportés après la suppression de la chartreuse, en 1791. Les ornements en marbre blanc et en albâtre qui se trouvaient entre la table et la base servant de niches aux statuettes ont été dispersés dans différents édifices publics. Quand les autorités ont décidé de la conservation des tombeaux, elles ont confié la conservation des différents fragments à Claude Saintpère (1771-1854), professeur d'architecture à l'École des beaux-arts de Dijon. Ce dernier a racheté les parties des tombeaux qui avaient été distraites et demandé au conseil général du département les fonds nécessaires à la restauration des tombeaux. ce n'est qu'en 1818 que le conseil général a donné son accord. Environ 25 000 francs qui ont été dépensés pour cette restauration. Il a d'abord été prévu de les remonter dans la cathédrale de Dijon, mais l'évêque considérant que les restes des ducs n'existant plus, les tombeaux pouvaient être placés, sans profanation, dans le domaine des arts. Il a alors été décidé de les remonter dans la Salle des gardes du palais ducal. La restauration est achevée en 1827. La restauration des figures a été faite Jean-Baptiste-Louis-Joseph Moreau, de Dijon, et celle de l'architecture et des ornements par Louis Marion (1793-1873), de Semur.


Le tombeau du duc Philippe le Hardi (1342-1404) est réalisé entre 1386 et 1411 par les sculpteurs Jean de Marville, puis Claus Sluter, puis Claus de Werve.

En 1381, Jean de Marville (1350-1389), imagier du duc, est chargé de l'exécution du tombeau de Philippe le Hardi. Les travaux commencent en 1384. A la mort du duc, son fils, Jean sans Peur (1371-1419), charge Claus Sluter (1350-1406) de finir le tombeau. A la mort de Sluter, Claus de Werve, son neveu et collaborateur achèvera les éléments architecturaux et les pleurants. Il sculptera également le gisant, le lion et les deux anges. Le tombeau, après avoir été orné de polychromie et de dorure par le peintre Jean Malouel, est installé en 1410 dans la chartreuse de Champmol.

Le gisant porte les attributs de la chevalerie et du pouvoir : en armure à l'origine, puis en manteau après restauration de 1820, avec couronne, sceptre, heaume orné de fleurs de lys des princes capétiens de Valois, héraldique, anges, lion (symbolique du lion en occident au Moyen Âge) et dalle en marbre noir portée par un important cortège de pleurants en deuil...


Le tombeau du duc Jean sans Peur (1371-1419, fils du précédent) et de son épouse la duchesse Marguerite de Bavière (1363-1424) est réalisé entre 1443 et 1470 par les sculpteurs Jean de la Huerta et Antoine Le Moiturier, à l'image du précédent:

Plus tard, Jean sans Peur manifesta sa volonté d'édifier pour lui "une sépulture semblable à celle de feu son père". C'est son fils, Philippe le Bon qui passa un marché en 1443, avec Jean de La Huerta pour le deuxième tombeau, qui devait être "aussi bon ou meilleur" et de mêmes dimensions que celui de Philippe le Hardi. Un "pourtraict" des gisants par Claus de Werve fut transmis à La Huerta, lequel quitta Dijon en 1456, avant la fin des travaux. Philippe le Bon confia la suite du chantier à Antoine le Moiturier en 1461. En 1470, le tombeau avec son décor architectural et les pleurants fut mis en place dans le chœur de l'église de Champmol, derrière celui de Philippe le Hardi, où ils demeurèrent jusqu'à la Révolution.


Les Pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne sont un ensemble de 82 statuettes d'albâtre sculptées en ronde-bosse, effectuées en Bourgogne au cours du XVe siècle.

La tradition iconographique des pleurants existe depuis le XIIIe siècle : elle consiste à représenter, sous forme de statuettes indépendantes, des hommes en posture de deuil et de douleur pour les placer à côté du cercueil ou de la plate-forme supportant le corps du défunt, peut-être en souvenir des véritables funérailles.

Mais celle-ci a été profondément renouvelée par Claus Sluter, qui non seulement individualise chaque personnage dans une attitude de douleur qui lui est propre, mais aussi lui imprime sa marque personnelle. Ainsi, certaines statuettes sont entièrement enveloppés de draperies, une caractéristique de Sluter qui a « transformé les drapés de convention du gothique en un mode d'expression hautement personnel. »

Ces pleurants se répartissent en deux groupes de quarante-et-une statuettes, composés chacun de 39 religieux ou laïcs d'une quarantaine de centimètres de haut et d'un couple d'enfants de chœur de plus petite taille, de 25 centimètres environ. Les premiers, ornant le tombeau de Philippe le Hardi, ont été réalisés par Claus Sluter et son neveu Claus de Werve entre 1406 et 1410. Les seconds, à l'imitation des premiers, et destinés au tombeau de Jean sans Peur et de son épouse Marguerite de Bavière, ont été sculptés par Jean de la Huerta entre 1443 et 1445, et achevés par Antoine Le Moiturier entre 1465 et 1470.

Soixante-quinze pleurants originaux sont actuellement conservés au musée des Beaux-Arts de Dijon et quatre autres le sont au Cleveland Museum of Art. Les trois derniers sont actuellement tenus pour perdus.

Visité en 2026.

 

Palais des ducs et des Etats de Bourgogne, Pl. de la Sainte-Chapelle, 21000 Dijon

Accès gratuit

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Salle_des_tombeaux_des_Ducs_de_Bourgogne

https://www.culture.gouv.fr/thematiques/musees/Les-musees-en-France/les-collections-des-musees-de-france/decouvrir-les-collections/les-tombeaux-des-ducs-de-bourgogne

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pleurants_des_tombeaux_des_ducs_de_Bourgogne

https://www.connaissancedesarts.com/musees/restauration/le-tombeau-pleurants-de-philippe-pot-bientot-restaure-au-louvre-1195358/

Conservé au musée du Louvre, le monument funéraire de Philippe Pot, grand sénéchal de Bourgogne (1428-1493). Réalisée en pierre calcaire polychrome, cette sculpture monumentale (1,80m de haut pour 2,60m de long) représente un cortège de huit pleurants, porteurs d’écus armoriés et voilés de noir, soutenant sur leurs épaules la dalle funéraire sur laquelle est allongé le gisant du défunt représenté en chevalier. Sans doute conçue par Philippe Pot lui-même, l’œuvre renouvelle le type du tombeau à pleurants inauguré par Claus Sluter à la chartreuse de Champmol au début du XVe siècle. Puissante et expressive, elle plonge le spectateur au cœur de la réalité des cérémonies des funérailles de la fin du XVe siècle autant qu’elle rend un hommage grandiose à celui qui, ayant servi les ducs de Bourgogne Philippe III le Bon et Charles le Téméraire et devenu chevalier de la Toison d’or, se rallia au roi de France Louis XI qui le fit grand sénéchal de Bourgogne (équivalent de gouverneur).

Pleurants bourguignons vu à la Basilique Saint-Ambroise de Milan en Italie.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.

Créez votre propre site internet avec Webador