La stèle funéraire de SILICIA réemployée dans la construction de l’église actuelle de Corseul ( 1836) permet de comprendre les voyages et déplacements dans l’Empire Romain.
Selon le droit romain il est interdit, pour des raisons tenant autant à l’hygiène qu’au caractère sacré du territoire urbain ,que les sépultures soient réalisées à l’intérieur des villes.
Les nécropoles à inhumation ou incinération comportaient des monuments funéraires : (mausolées, stèles).
Dans l’église, à la base d’un pilier côté Sud on trouve une stèle érigée, à la mémoire de sa mère, par un citoyen romain
Cette Carthaginoise, Silicia Namgidde, a quitté son pays pour rejoindre son fils dans la Cité des Coriosolites. Elle y est morte à 65 ans.
D • M • S SILICIA • NA MGIDDE DO MO • AFRIKA EX[.]MIA PIETATE FILIVM SECVTA HIC SITA EST VIXIT AN LXV C FL IANVARI VS FIL POSVIT
D(is) M(anibus) S(acrum). // Silicia Na/mgidde, do/mo Afrika, / ex[i]mia pietate / filium secuta, / hic sita est, / uixit an(nis) LXV. / C(aius) Fl(auius) Ianuari/us, fil(ius), posuit.
« Consacré aux Dieux Mânes. Silicia Namgidde, originaire d’Afrique, a suivi son fils avec une rare affection. Elle repose ici. Elle a vécu soixante-cinq ans. Son fils Caius Flavius Ianuarius a élevé (le monument). »
En tenant compte des coûts liés aux déplacements et tout ce qu’il implique (hébergement et restauration), il n’est pas improbable de voir en Ianuarius un personnage avec des revenus élevés. Sachant que la gravure est un acte coûteux, il peut se permettre de rédiger plusieurs lignes du texte et de les passer à un ordinator ou à un lapicide, surtout lorsqu’il veut honorer efficacement la mémoire de sa mère.
Les indices conduisant à l’Afrique étant variés, l’inscription est bien plus africaine qu’armoricaine. L’intérêt de l’inscription ne réside pas uniquement dans l’évocation des étrangers à Corseul, avec une expression peu employée eximia pietate filium secuta, mais rend compte de l’importation des habitudes épigraphiques depuis l’étranger. Le monument est tout aussi remarquable à cause du décor dépouillé très peu connu en Bretagne. Pour toutes ces raisons, l’inscription est bien digne du classement comme monument historique 1911.
Le lieu d’érection de la stèle demeure à ce jour inconnu. Elle est mentionnée dès 1709 par Simon Garengeau et prend alors place dans l'ancienne église. Au XIXe siècle le lieu de culte est reconstruit et le monument funéraire est placé dans la partie sud de la croisée du transept.
2 Rue de Lessard, 22130 Corseul
Accès libre
Sources:
https://cdt22.media.tourinsoft.eu/upload/Sur-les-traces-des-Romains-a-Corseul.pdf
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