Geneviève, née à Nanterre vers 420 et morte à Paris entre 502 et 512, est une sainte française, patronne de la ville de Paris, du diocèse de Nanterre et des gendarmes.
La forme issue du latin Genovefa est également employée et a donné le nom « génovéfain » (religieux).
La source unique d'informations historiques sur le personnage est la Vita de Geneviève, un texte hagiographique écrit probablement à la demande de Clotilde, l'épouse de Clovis. L'auteur anonyme, probablement un prêtre de saint Martin de Tours que la reine a installé à Paris, affirme écrire 18 ans après la mort de la sainte, vers 520, ce qui en fait un des très rares monuments littéraires du VIe siècle en Gaule.
L'abbé Saint-Yves, dans sa Vie de sainte Geneviève, donne une origine celtique au nom de Geneviève (Genovefa). Selon lui en gallois, genoeth veut dire « jeune fille » (cf. gaulois genata « jeune fille »), étymologie invraisemblable car il manque l'élément -eth (ou -ata) dans Geno- et -vefa n'admet aucune explication en celtique.
En réalité, le nom Genovefa est vraisemblablement la latinisation du francique *Kenowīfa ou *Kenuwefa, nom germanique féminin constitué des éléments ken- « genre, race » (apparenté à kin en anglais) et wīf « femme » (apparenté à wife en anglais et Weib en allemand). Pourtant, la plupart des sources font état d'une autre étymologie germanique, à savoir : *ginu- « grand, spacieux » et *waifō- « remuant ».
Selon la tradition, lors du siège de Paris en 451, grâce à sa force de caractère, Geneviève, qui n’a que 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l’invasion par les paroles célèbres :
« Que les hommes fuient, s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications. »
De fait, Attila évita Lutèce (Paris). Mais contrairement à ce que représentera l'iconographie, il n'a jamais rencontré Geneviève.
Elle convainc également Clovis, dont elle a toujours été une partisane, de faire ériger une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur le mons Lucotitius (qui porte aujourd'hui le nom de montagne Sainte-Geneviève), dans l'actuel 5e arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Si l'historiographie récente avance une date de mort le 3 janvier 502, la tradition préfère celle du 3 janvier 512. Selon sa Vita, elle meurt à l'âge de 89 ans dans l'ermitage de Paris, et est enterrée dans cette même église aux côtés de Clovis et rejointe plus tard par la reine Clotilde, ses plus célèbres disciples. L'église est d'abord confiée à des bénédictins, puis à des chanoines séculiers : c'est l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris, dont le clocher est encore visible dans l'enceinte du lycée Henri-IV (ce clocher est connu sous le nom de « tour Clovis »).
Selon la tradition, le tombeau de sainte Geneviève est placé auprès de celui de Clovis dans la crypte de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul (future abbaye Sainte-Geneviève de Paris), construite par le roi des Francs. Vers 630, saint Éloi orne le sarcophage de pierre de la sainte de plaques d'or, finement ciselées, et de pierres précieuses.
La châsse est évacuée vers Draveil lors de la première invasion des Normands en 845. Elle y reste jusqu’en 853. La première procession connue a lieu en 886 lors du siège de Paris. En janvier 1162, court la rumeur que des réformateurs de l'abbaye ont dérobé le chef de sainte Geneviève en le séparant du reste de ses reliques.
Louis VII fait apposer sur la châsse le sceau royal et ordonne une enquête solennelle. Le résultat de cette enquête rassure tout le monde et le chapitre décide que désormais le 10 janvier serait une fête célébrée avec autant de solennité que le 3, sous la dénomination d'Invention du chef de Sainte Geneviève. En 1230, ce coffre est endommagé à un tel point que l'abbé Robert de la Ferté-Milon confie l'exécution d'une nouvelle châsse en vermeil par l'orfèvre parisien Bonnard, de 1240 à 1242. Elle est reconstruite en 1614, sous la régence de Marie de Médicis.
Le port de la châsse est dévolu à l'origine aux Génovéfains. En 1412, une confrérie de Sainte Geneviève est érigée en vertu d'un bref du pape et de lettres patentes de Charles VI qui finance les processions. Cette confrérie accueillant par cooptation les membres éminents des grandes corporations de la ville obtient en 1524 le privilège de porter la châsse.
Le 8 novembre 1793, la châsse de la sainte est transportée à la Monnaie où l'on fond les métaux précieux, tandis qu'on récupère les pierreries. Le 21 novembre, le Conseil général de Paris fait brûler les ossements de la sainte sur la place de Grève et fait jeter les cendres à la Seine.
La nouvelle châsse en cuivre entaillé et doré, honorée aujourd'hui dans l’église Saint-Étienne-du-Mont près du Panthéon, contiendrait quelques reliques (un avant-bras et quelques phalanges) qui avaient été envoyées dans d’autres sanctuaires avant la Révolution et qui ont ainsi pu être préservées des destructions. Bien que la châsse n'ait pas été portée processionnellement à l'extérieur depuis le XVIIIe siècle, la confrérie des Porteurs de la châsse existe toujours, son rôle se bornant à la porter dans l'église même, au moment de la neuvaine. Le culte de la sainte, très populaire, explique qu'elle possède dans l'église plusieurs châsses, dont la plus grande qui contiendrait la pierre tombale de la sainte redécouverte en 1803 lors de la démolition de l'église Sainte-Geneviève. En effet, cherchant à restaurer le culte de la sainte après la Révolution, le premier curé concordataire de Saint-Étienne-du-Mont, François-Amable de Voisins, y a fait transporter en 1803 la pierre de son tombeau.
Visité en 2011 et 2023.
Place Sainte-Geneviève, 75005 Paris
Accès libre
Sources:
-La plus grande chasse contient la pierre tombale redécouverte en 1803 (Récit de la redécouverte par H.LEMAIRE) et restaurée en 1861 par le R.P. Martin, car les flambeaux dont elle était ornée laissaient échapper de la cire sur les ciselures en bronze, obligeant à de trop fréquents nettoyages qui finirent par provoquer une usure prématurée
Elle y fut installée par le Père Martin, jésuite et archéologue, avec l’aide de l’orfèvre Placide Poussielgue-Rusand, vers 1860, dans la chapelle absidale décorée pour la circonstance. Cette reconstitution se fit donc dans le grand mouvement néogothique de la seconde partie du XIXème siècle initiée par Viollet-le-Duc et exprimée dans son ouvrage fondateur “Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carolingienne à la renaissance”, 6 vol., Paris, 1858-1875.
La seconde se trouve à droite de la grande châsse. Cette châsse, inaugurée le 3 janvier 1896, est l’œuvre de l’orfèvre parisien Louis FAVIER.
La châsse a été exécutée en bronze ciselé et doré dans le goût du XIII ème siècle. Elle représente un tombeau consolidé aux quatre angles de riches piliers sculptés en phylactère et reposant sur quatre chimères formant piédestal. Le sommet se compose de deux versants décorés d’émaux et ornés de six médaillons rappelant les grandes étapes de la vie de la sainte
La troisième n’est pas accessible et se trouve au-dessus du jubé, entre les colonnes formant l’extrémité du chœur
Elle est de grandes dimensions en bois doré (115 x 53 cm). En forme d’église, elle comporte de chaque côté une série d’arcatures de style gothique laissant apparaître cinq enclaves.
Sur les petits côtés, sont figurés Saint Pierre, Saint Paul, des noms dédicataires de l’antique abbatiale et de Saint Etienne.
Il est indiqué que ces ossements, tout ou partie, proviennent de l’abbaye de Chelles (proche banlieue est de Paris, fondée en 657 par Sainte Bathilde, épouse de Clovis II) avec cette inscription: ‘reliquae extractae ex thesauro abbatiae vulgo de chelles, de sto vel sta cujus nomen non est notum).
Une reconnaissance des reliques fût réalisée le 25 mars 1854 par C. Eglée, Chanoine de Paris, vicaire général.
L’étiquettage des ossements indique la présence de restes osseux de Sainte Geneviève (de sta Genovefa Virgine), de Saint Charles Borromée (s. Carolus Borrom.), de Saint Vincent de Paul (s. Vincentus a Paulo) et d’autres saints dont le nom n’est pas mentionné ou perdu.
Les deux sceaux précédents provenaient du chapître de Paris de l’époque du Cardinal de Belloy (1709-1808) furent remplacés par ceux de Monseigneur Sibour, archevêque de Paris.
La quatrième est celle de Notre-Dame qui est déplacée, chaque année, lors de la neuvaine de Sainte Geneviève du 3 au 11 janvier.
Cette châsse est l’œuvre de l’orfèvre Poussielgue-Rusand, rue Casette à Paris. Elle est composée de cuivre doré et d’émaux et fût livrée après la restitution au culte de la basilique Sainte-Geneviève en 1854. Lors de la reconstitution de la Compagnie des Porteurs en 1853 après qu’elle fût dissoute à la révolution, une souscription contribua à son financement. Lors de la seconde laïcisation de la Basilique en Panthéon, en 1885, la châsse échappa de peu à la saisie grâce à la promptitude de Mr. l’abbé Gaultier de Claubry et fût déplacée à Notre-Dame où elle se trouve depuis.
Une reconnaissance des reliques fût exécutée en 1877 par le Cardinal Guibert, archevêque de Paris. On sait donc que cette châsse contient un reliquaire comprenant certains restes.
Enfin trois reliquaires se trouvent au pied de la statue ornant l’autel de la chapelle dédiée à la Sainte.
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