Cela commence comme une histoire d’enfant : il était une fois le grand méchant loup !…
Dans l’Antiquité, seuls les romains rendirent hommage aux loups. En effet, les fondateurs de Rome, Rémus et Romulus, furent sauvés par une louve qui les allaita.
Ensuite, ces bêtes monstrueuses terrorisèrent petits et grands. Buffon les décrivit plus tard comme nuisibles de leur vivant et inutiles après la mort.
Selon la tradition chrétienne, ils étaient des fléaux envoyés par Dieu, et dès le Ve siècle on invoquait Saint Loup, Evêque de Bayeux, pour tuer le mauvais loup. En 813 Charlemagne, un an avant sa mort, désigna dans son comté deux officiers chargés de la destruction des loups : les Laparüs. En 1114, le synode de Saint Jacques de Compostelle édicte un canon qui organise la chasse aux loups dans tous les pays de la chrétienté occidentale et c’est ainsi que les chaillotins se motivent pour combattre cette bête féroce.
En forêt de Fontainebleau, plusieurs fosses à loups sont attestées dès le XIVe siècle, il en existait une vers la mare à Bauge, une autre vers les Ventes Cumiers entre Bourron et Reclose, elle est mentionnée dans une charte de Philippe le Bel datée de 1302. Une troisième fosse à loups est mentionnée en 1402 en bordure de la seigneurie de Bourron.
En 1479, sous Louis XI, François de la Boissière, seigneur de Faÿ, fut grand louvetier. Il avait la charge de la chasse aux loups dans toute la royauté.
Le 1er mai 1520, François Ier crée l’Office des Grands Louvetiers de France.
En janvier 1583, Henri III ordonne aux agents forestiers de rassembler des chasseurs trois fois par an, pour procéder à des battues et chasser les loups.
Sous Louis XVI, habitait dans la rue de la Fosse aux loups à Chailly en Bière François Goix. On retrouve sa trace dans un document des archives départementales où il fait donation à ses enfants de sa maison dans la rue du village. Elle fut détruite par un incendie à la Révolution car M. Goix était en quelque sorte au service du Roi. Manouvrier de son état, il élevait la meute de chiens et avait pour mission d’entretenir la « fosse aux loups ».
Prolongée par la rue de Samois, la rue de la Fosse aux Loups menait déjà, à travers les terres cultivées, jusqu’à la limite de la forêt de Fontainebleau. Epineux, houx, ronces et fragons infranchissables par les bêtes sauvages la clôturaient. Le seul passage entretenu par les hommes était la « brèche aux loups », encore existante, c’est maintenant une propriété privée. Derrière cette brèche, une fosse rectangulaire couverte de branchages, au fond conique pour éviter la fuite de la proie, servait de piège à la bête forcée par les chiens.
Affamés, les loups sortaient sournoisement de la forêt aux abords du village. Dès leur vue, tous les habitants lançaient le cri d’appel « au loup, aux loup ». La chasse s’organisait. On sortait les chiens qui partaient en battue commandée par les hommes prévus à cet effet, et le loup, forcé jusqu’à la brèche, tombait dans la fosse.
On peut encore voir une fosse à loups en forêt de Fontainebleau aux environs de Bourron-Marlotte: On note la présence d'une tranchée dont l'une des parois est en pente douce et l'autre verticale. Autrefois, cette fosse aurait servi à piéger les loups qui étaient traqués vers l'ouest puis tirés par des chasseurs postés à l'aplomb de la paroi verticale par laquelle les animaux étaient bloqués.
À la sortie du village de Courances, en direction de Milly-la-Forêt, se trouve la rue du « Saut du Loup ». Le loup était une menace autrefois pour les villageois, il a fait dans le Gâtinais de nombreuses victimes. Retour sur une époque où ces animaux, à la fois fascinants et effrayants, semaient la terreur.
La « bête du Gâtinais » a sévi entre 1652 et 1657, faisant à elle seule 58 victimes. En avril 1653, un « monstre mangeur d’hommes » est abattu à Moigny. Un autre, en octobre 1655, près de Fontainebleau. La bête du Gâtinais n’était donc pas seule !
La louveterie disparaît avec la monarchie, mais elle est recréée par Napoléon Ier. Le nombre de loups diminue considérablement au début du XIXe siècle.
Cependant, jusqu’au milieu du XIXe siècle, il ne se passe pas d’hiver sans qu’on en abatte en forêt. A la fin du règne de Napoléon III, en 1870, la plupart des loups de la forêt de Fontainebleau ont disparu.
Aujourd’hui, quelque 250 individus vivent en France. C’est une espèce protégée !
La fosse à loups de Courances: C’est bien ce que l’on voit dans l’enclos du potager, face à la rue du Saut-du-Loup : le mur est abaissé, un large fossé est creusé derrière. C’est aussi un fossé pour piéger le loup. Ses dimensions : de 9 à 10 pieds en carré et de pareille profondeur. Il doit être plus large dans le fond et de tous les côtés que par le sauter ni monter pour en sortir…
Vu en 2025.
Sources:
https://www.mairie-chailly-en-biere.fr/?page_id=1392
https://www.fontainebleau-photo.fr/2017/11/la-gorge-aux-loups.html
https://www.onf.fr/vivre-la-foret/%2B/2444::reserve-biologique-integrale-vallee-jauberton.html
http://cities.reseaudescommunes.fr/cities/1212/documents/z0bvrtd7zh6dzu.pdf
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