Les cuirasses en tôle de bronze

Les cuirasses anatomiques en métal de l’âge du Bronze sont composées de deux coques en tôle de bronze : le plastron, protégeant le torse, et le dosseret protégeant le dos.

 La fabrication de ces armes défensives consiste en un long et délicat travail de mise en forme de la tôle de bronze par martelage, ce qui nécessite de chauffer le métal régulièrement. Cette technique du recuit permet notamment de redonner de l’élasticité au bronze et ainsi d’éviter l’apparition de fissures. Ce travail d’expert se termine avec la création d’un ourlet sur les bords coupants en repliant la tôle autour d’une fine tige en bronze.

Pour finir, le plastron et le dosseret sont assemblés sur les côtés et au niveau des épaules. A gauche, des rivets sont utilisés, tandis qu’un système de crochets placé à droite permet d’ouvrir la cuirasse et de l’enfiler. Cette pièce en bronze était vraisemblablement complétée par une doublure en matières organiques (cuir, laine…) dont il ne reste aujourd’hui aucune trace.

En tout, moins d’une trentaine de cuirasses de l’âge du Bronze sont recensées en Europe. Beaucoup ne sont connues que sous forme de fragments. Les exemplaires métalliques proviennent de trois secteurs très localisés et non contemporains : la Grèce entre 1500 et 1400 avant notre ère, les Carpates entre 1250 et 1100, l’arc ouest-alpin entre 1000 et 850. La rareté de ces objets nous conforte dans l’idée qu’il s’agit de pièces exceptionnelles, de chefs d’œuvre réservés aux puissants, aux héros et aux dieux.

Notice rédigée par Rolande Simon-Millot

La cuirasse de Véria (photo ci-dessous à gauche):

Découverte en 1859 au fond d’une rivière du Jura, cette cuirasse était emboitée dans une autre cuirasse de bronze aujourd’hui déposée au musée de l’Armée à Paris (cuirasse dite de Grenoble).

Elle a d’abord été reconnue comme gauloise (âge du Fer), mais elle est en réalité bien plus ancienne.

Ce type de cuirasse dite anatomique à décor de bossettes est aujourd’hui datée de la fin de l’âge du Bronze. Leur production semble se concentrer en Europe dans la zone sub-alpine. Les très rares pièces de comparaison sont notamment l’extraordinaire ensemble des cuirasses provenant de Marmesse (Haute-Marne) présenté au musée d’Archéologie nationale, ainsi que les cuirasses de Filinges (Haute-Savoie) conservées au musée d’Art et d’Histoire de Genève.

 

Les cuirasses de Marmesse (photo ci-dessous à droite, première et dernière photos):

C’est en 1974 que furent mises au jour les trois premières cuirasses, de façon fortuite, lors de travaux de terrassement conduits dans une sablière, au lieu-dit « le Petit Marais ». Elles étaient emboîtées les unes dans les autres, comme rangées là pour l’éternité. Des fragments furent récupérés par la suite et plusieurs sondages archéologiques, réalisés de 1980 à 1987, permirent de compléter l’ensemble. Aujourd’hui on estime que le dépôt était initialement composé de sept à neuf cuirasses, toutes presque identiques.

Ce décor de bossettes réalisées au repoussé est caractéristique de la fin de l’âge du Bronze et se retrouve sur de très nombreux objets de prestige comme les casques, les cnémides, les ceintures et les éléments de vaisselles métalliques produits en Europe centrale et orientale, ainsi que dans une large zone Nord-Alpine entre le 12et le 8e siècle avant notre ère. Notons que ce type de décor se retrouve par la suite à l’identique sur les casques villanoviens (étrusques) ou encore sur les vaisselles italiques.

Visité en 2025.

 

1 Pl. Charles de Gaulle, 78100 Saint-Germain-en-Laye

Accès payant

 

Sources:

https://musee-archeologienationale.fr/collection/objet/la-cuirasse-de-saint-germain-du-plain

https://musee-archeologienationale.fr/actualite/la-cuirasse-de-veria

https://musee-archeologienationale.fr/collection/objet/cuirasses-anatomiques-de-marmesse

Les cuirasses de Marmesse (2018)

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