Vindunum, Cénomans et... La très riche histoire du Mans.

La ville est attestée dès le IIe siècle av. J.-C. sous la forme Vindinon. À l'époque gallo-romaine, le nom de Vindunum est mentionné par le géographe Ptolémée.

Le toponyme primitif Vindinon est d'origine celtique (gaulois). Il est en effet composé des éléments Vindo- (« blanc ») et peut-être de dunon « citadelle, enceinte fortifiée, mont », à moins qu’il ne s’agisse que du suffixe -ino- attesté dans la toponymie gauloise (cf. Caracotinum ou Barentinum), d'où le sens global de « citadelle blanche ».

Les premières traces humaines sur le sol du Mans datent d'environ 4 000 ans av. J.-C. Elles se trouvent d'abord sur la butte du Vieux-Mans. Les premiers habitants laissent derrière eux des pierres taillées ainsi que des outils et des bois d'œuvre. Un menhir aujourd'hui nommé Pierre au Lait se dresse encore de nos jours, exposé au public, sur le côté nord de la cathédrale qui fut construite sur le lieu même des anciens cultes païens. Ces premiers habitants, peu connus, sont envahis et assimilés par des Celtes : les Aulerques qui s'installent entre Loire et Seine. Une tribu naît alors : les Cénomans.

Dès le milieu du Ier siècle, la ville se romanise. La paix apportée par les Romains profite à l'expansion de la ville et déjà des faubourgs se placent sur la rive droite de la Sarthe. Deux aqueducs sont bâtis afin de fournir de l'eau aux habitants de la ville. Par la suite, on construit des thermes ainsi qu'un forum (actuelle place Saint-Michel) et un amphithéâtre (actuels quinconces des Jacobins). À la fin du IIIe siècle, la ville est entourée d'une enceinte pour pouvoir faire face aux invasions barbares. La ville enserrée est limitée à 9 ha, soit les limites de la butte initiale de la ville. Pendant l’Antiquité tardive, la ville est à la fois centre administratif de la civitas des Cénomans et siège de préfecture militaire, contrôlant les routes de tout l'ouest de la Gaule.

La ville prend au IVe siècle le nom du peuple gaulois des Aulerques Cénomans, dont elle était le chef-lieu, la Civitas Cenomanorum. De nombreuses autres cités gallo-romaines ont connu un changement de nom similaire à cette époque, notamment Lutèce qui est devenue Paris (cité des Parisii).

La ville est administrée au cours du Ve siècle par les Francs qui se "romanisent".

La première mention en tant que Mans date du XIIe siècle, dans le Roman de Rou ; Prez del Mans. Une charte de 1264 réserve même toute une partie à la cité avec son Chapitre dou Mans. Le remplacement de la syllabe ce- par l'article « le » a eu lieu au XIIe siècle, lorsque ce- a été assimilé à l'adjectif démonstratif « ce ».

Le peuple des Cénomans a aussi donné son nom au Maine, la province dont Le Mans était capitale.

Selon la légende, saint Julien et ses disciples seraient les premiers évangélisateurs de la ville et de ses alentours, saint Julien étant considéré comme le premier évêque du Mans. Mais les sources les plus récentes sur la vie de saint Julien datent du IXe siècleVicteur étant le premier évêque historiquement attesté du Mans participant à un concile, à Angers en 453 puis à Tours en 461.

En 490 ou en 510, Clovis renverse par la force Regnomer, frère du roi Ragnacaire, pour rattacher son domaine au royaume franc. La situation géographique de la ville en fait un lieu de convergence principal de deux grandes routes de Neustrie. Afin de s'en assurer un contrôle total, les Mérovingiens placent des hommes de confiance à l’évêché de la ville, afin de mieux la contrôler.

Charlemagne en fait à son tour une place forte d'entrée dans la marche de Bretagne. Elle devient ensuite une citadelle de la nouvelle frontière de l’empire franc.

Après la chute de l’empire romain, le territoire est réparti entre plusieurs petits seigneurs. Jusqu’à ce que, en 1128, Mathilde – héritière du royaume d’Angleterre et du duché de Normandie – épouse Geoffroy de Plantagenêt – comte du Maine et de l’Anjou. C’est à ce moment-là que l’empire Plantagenêt s’installe au Mans dans la Sarthe. Plus tard, l’ascension de leur fils, Henri II Plantagenet, au trône d’Angleterre renforce l’ampleur de cette dynastie. Le Maine est alors pris dans les conflits entre royaumes d’Angleterre et de France (dirigée par les Capétiens).

En 1204, Bérangère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion – l’un des fils d’Henri II Plantagenet – s’installe définitivement dans le palais comtal du Mans. Elle y fonde l’abbaye royale de l’Epau.  

La ville n’est rattachée au royaume de France qu’en 1448 des suites de la guerre de Cent Ans. Sous la férule magnanime du roi Louis XI, la domination de la ville, à la fois religieuse avec l’évêque et féodale avec le comte du Maine, est abolie pour laisser place à un maire élu par ses habitants.

Au fil des années, la ville prend alors son essor, tant sur le plan économique que culturel. Entre les XVe et XVIIIe siècles, elle se développe autour des sculptures de terre cuite, le travail de la soie vanté dans les plus grandes cours européennes, puis autour des métiers de la cire et de la tannerie.

La Renaissance française lui offre également un rayonnement culturel important, au travers des présences en son sein de d’illustres poètes comme Joachim du Bellay ou Pierre de Ronsard qui donneront naissance au mouvement dit de la Pléiade.

Elle prend également son envol économique sous l’impulsion de Louis Basse qui donne vie en 1828 à la Mutuelle Immobilière du Mans. Première compagnie d’assurance à voir le jour en France, celle-ci devient par la suite les MMA (Mutuelles du Mans Assurance).

Tout aussi intimement liée à l’histoire du Mans, la famille Bollée. Amédée-Ernest, fondateur de nombreuses entreprises de fonderie et inventeur de l’éolienne du même nom, succède ainsi son fils Amédée-Ernest, créateur de plusieurs voitures à vapeur dans les années 1870.

Mais ce sont les fils de ce dernier, Amédée-Ernest-Marie et Léon, qui resteront à jamais dans l’histoire. Considérés comme les pères de l’industrie automobile, ils conçoivent, fabriquent puis commercialisent la première voiture à essence : la Mancelle.

Toujours à l’initiative de la famille Bollée, George Durand organise le premier grand prix automobile de l’histoire en 1906, qui deviendra en 1923 les fameuses 24 heures du Mans. En 1908, la ligne droite des Hunaudières assiste au décollage du Flyer des frères Wright, pionniers de l’aviation.

 Grâce à son riche patrimoine, ses animations immersives, et la passion de ses habitants, Le Mans est en lice pour rejoindre le prestigieux classement du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Une candidature qui ne fait que renforcer l’aura historique et culturelle de la ville.

Visité en 2025.

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mans

https://www.villagesetpatrimoine.fr/le-vieux-mans/

https://www.ilatou-sarthe.com/histoire-du-mans.html

La Pierre Saint-Julien aussi appelé la « pierre au lait »

Vestiges des thermes de Vindunum

Sur la Table de Peutinger, on trouve également le nom de Subdinum qui est une cacographie.

La cathédrale Saint-Julien du Mans romane

La cathédrale Saint-Julien du Mans gothique

Murailles de l'ancien Château du Mans

Palais comtal Plantagenêt 

La collégiale Saint-Pierre-la-Cour

L’abbaye royale de l’Epau

De haut en bas: La cathédrale Saint-Julien, l'enceinte romaine, la muraille médiévale et la Sarthe.

Ajouter un commentaire

Commentaires

Il n'y a pas encore de commentaire.

Créez votre propre site internet avec Webador