Fondée en 1230 par Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion, elle constitue l'un des plus beaux joyaux cisterciens en France. Elle fut acquise par le Département de la Sarthe en 1959.
L’Abbaye Royale de l’Épau constitue l’un des plus beaux exemples de l’architecture cistercienne de l’ouest de la France.
Épouse du roi Richard Cœur de Lion (dynastie des Plantagenêts), Bérengère se retrouve veuve en 1199. Son mari est décédé de ses blessures dues à un tir d'arbalète reçu au siège du château de Châlus, en Limousin. Après 8 années de mariage, ils n'ont pas eu de descendants. Une guerre de succession éclate entre Arthur de Bretagne et Jean sans Terre. Alors que Jean obtient la victoire en 1202, Bérengère s’est réfugiée auprès de sa sœur, la comtesse de Champagne. C’est en 1204, alors que Philippe Auguste annexe le Maine, la Normandie et l’Anjou à Jean sans Terre qu’elle se rapproche de la cour du roi de France. Elle passe un accord avec le roi de France Philippe Auguste, qui lui concède la ville du Mans et sa quinte (superficie autour d'un rayon de 5 lieues, environ 20 km) en échange de son douaire. Selon la légende, elle se serait installée dans la fameuse maison de la reine Bérengère, mais il n'en est rien, car elle passa la totalité de son temps au palais des comtes du Maine, actuel hôtel de ville du Mans.
En 1228, le roi de France Louis IX concède à Bérengère la terre de l'Epau, près du Mans. Les frères de l'Hôtel-Dieu de Coëffort contestent cette donation, et déclarent avoir reçu cette terre d'Arthur de Bretagne, neveu de Richard Cœur de Lion, qui revendiquait sa succession. Bérengère passe alors un accord avec les frères de Coëffort en 1230 (Archives départementales de la Sarthe, H 833). Le choix de faire bâtir l’abbaye de l’Épau s’inscrit non seulement dans un geste envers les cisterciens mais aussi dans une volonté personnelle de la reine de laisser son empreinte et marquer son individualité. Cette fondation s’ancre dans une tradition familiale ibérique cistercienne portée par ses parents et sa sœur avant elle.
Elle acquiert d'autres terrains, tels que le fief des chanoines de Saint-Pierre-de-la-Cour avec ses moulins, et les confie ensuite à l'ordre cistercien, pour y fonder une abbaye. En mai 1230, Louis IX confirme la donation « d'un lieu appelé l'Espal près de la ville du Mans pour la fondation d'une abbaye cistercienne du nom de Piété-Dieu ».
En 1230, douze moines venant de Cîteaux avec à leur tête l'abbé Jean arrivent à l'Épau. Les moines cisterciens suivent la règle de saint Benoit. Cette règle écrite au VIe siècle par Benoit de Nursie divise la journée du moine en trois : la prière (huit offices par jour, le travail (intellectuel et manuel) et le repos. Elle offre également un cadre pour l'organisation de la vie en communauté.
Le lieu est d'abord choisi car il est assez éloigné de la ville et il se situe au bord de l'Huisne, entre un marécage et une voie de communication. Les moines procèdent à des travaux de drainage et d'assainissement de la terre. Ils dévient également un bras de l'Huisne pour avoir de l'eau nécessaire à leur vie en communauté. Le plan de l'abbaye reprend celui des abbayes cisterciennes.
En 1234, l'évêque du Mans Geoffroy de Laval effectue la dédicace du bâtiment monastique en le mettant sous le patronage à la fois de Notre-Dame et de saint Jean-Baptiste.
L'abbaye est ornée de fresques. On en retrouve des traces dans la sacristie, le dortoir des moines et le logis de l'abbé.
L'abbaye royale de l’Épau accueille des moines cisterciens jusqu’à la Révolution française. Elle est ensuite vendue comme bien national, devient une blanchisserie puis une ferme. Propriété du Conseil départemental de la Sarthe depuis 1959, le site fait l’objet d’un vaste programme de restauration toujours en cours, qui lui donne un second souffle. Cette abbaye cistercienne abrite un trésor : le gisant de la reine Bérengère. Un cloître ouvert dessert les bâtiments monastiques, lieux de travail et de prière du temps des moines.
En 1925, l'église, la sacristie, la salle capitulaire, l'escalier et la salle des moines sont classés au titre des Monuments Historiques, des travaux de restauration sont lancés en 1938. Elle a fait l'objet d'une longue restauration dans un strict respect du style architectural du XIIIe siècle. On a notamment vu la participation et le contrôle des instituts des Beaux Arts du Mans et de Paris. L'église, la sacristie, la salle capitulaire, l'escalier et le cellier étant déjà classé depuis 1925, les façades et toitures furent classés une première fois en 1961 avant que ce classement ne fût annulé au profit d'un classement plus général en 1973 et étendu en 2005.
Visité en 2025.
Rte de Changé, 72530 Yvré-l'Évêque
Accès payant
Sources:
La sacristie
L'abbatiale
Le logis édifié au XVIe siècle.
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