Le musée archéologique de Dijon est un musée d'« archéologie bourguignonne » fondé en 1832 à Dijon, labellisé Musée de France, avec des collections sur « l'homme en Bourgogne » durant la Préhistoire, Protohistoire, Gaule romaine puis au Moyen Âge ainsi que des collections sur l'art paléochrétien, l'art sacré et l'architecture chrétienne. Il est hébergé depuis 1934 dans l'aile principale de l’ancienne abbaye Saint-Bénigne de Dijon (VIe siècle).
L'histoire des collections du musée archéologique de Dijon trouve son origine dès la fin du XVIIIe siècle dans la volonté d'érudits et de sociétés savantes telles que l'Académie de Dijon ou encore la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or (CACO), créée en 1832, qui avait notamment pour but de conduire des opérations archéologiques, de préserver les monuments historiques ainsi que de publier et de conserver le mobilier découvert sur des sites majeurs comme Alésia, Vertault ou Les Bolards (Nuits-Saint-Georges).
Le musée de la CACO a d'abord été installé dans l'ancien hôtel Rolin (actuelles archives départementales) en 1832. Il présentait essentiellement les éléments sculptés issus du castrum antique ou de monuments dijonnais détruits (Saint-Bénigne, Sainte-Chapelle). Puis, sous le Second Empire, le « musée des Antiquités », enrichi notamment des fouilles du sanctuaire des sources de la Seine, occupe plusieurs salles du palais des États, avoisinant le Musée municipal de peintures et de sculptures (actuel musée des Beaux-Arts).
C'est en 1934 que le destin de ces collections et celui de l'abbaye Saint-Bénigne se mêlent par l'installation du musée dans le dortoir des Bénédictins, seul vestige des bâtiments conventuels. Sous l'égide de ses conservateurs successifs, le musée est municipalisé en 1955 et, fort de ses enrichissements issus d'opérations archéologiques récentes et d’acquisitions, se déploie progressivement dans les différents niveaux du bâtiment.
Par le biais de sites majeurs, le musée archéologique présente aujourd'hui les témoignages matériels des cultures qui se sont succédé sur le territoire de la Côte-d'Or, et plus largement de la Bourgogne, de la Préhistoire au Moyen Âge.
Les collections du musée sont présentées dans la salle capitulaire et le scriptorium du début du XIe siècle (niveau 0), le dortoir des moines dont les voûtes datent de la fin du XIIIe siècle (niveau 1)(fermé los de notre passage). Des salles plus récentes (niveau 2) et un escalier du XVIIe siècle complètent cet ensemble.
Au niveau 0, les ex-voto du sanctuaire gallo-romain des sources de la Seine rendent hommage à la déesse Sequana et à son culte. Voisinent de nombreuses stèles et bas-reliefs, dont celle du "Marchand de vin" de Til-Châtel, permettant des évocations de la vie quotidienne semblables à celles découvertes à Pompéi ou Herculanum. Les anciennes murailles du Castrum de Divio ont livré, au siècle dernier, de nombreuses sculptures, dont vous découvrirez ici les plus représentatives.
Visité en 2026.
5 Rue Dr Maret, 21000 Dijon
Accès gratuit
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_arch%C3%A9ologique_de_Dijon
"Marchand de vin" de Til-Châtel. Fragment de monument funéraire représentant des boutiques dans une rue : un marchand de vin (qui verse le contenu d'un pichet à travers le comptoir dans la cruche tenue par un personnage), une charcuterie (boudins et têtes de porc), vendeur de comestibles suspendus. Calcaire, IIe - IIIe siècles
Pilier votif. 1er siècle, trouvé à Mavilly (Côte d'Or). Il se compose d'un piédestal surmonté de deux dés superposés où l'on reconnaît Jupiter tenant des épis, Neptune accompagné d'un dauphin, Vulcain-Succellus avec une pince, et Mars-Esus appuyé sur un bouclier.
Au milieu du XVIIIe siècle, on découvre dans un vallon à proximité de la source de la Seine les fondations d’un vaste édifice rectangulaire (57 m sur 18 m) et une inscription : DEA SEQUANA « déesse Sequana ». La statue en bronze de la déesse Seine, elle, fut retrouvée avec celle d’un faune en 1933 par Henri Corot. Sequana est une déesse gauloise associée au fleuve de la Seine et à un culte guérisseur lié à l'eau.
De nombreuses fouilles ont été réalisées pour mettre à la lumière du jour les différentes dédicaces à Sequana dans son sanctuaire. Grâce à cela, une multitude d'objets ont été retrouvés, notamment des objets offerts à la déesse pour demander une guérison mais également des objets de remerciements à un vœu formulé.
Les premières fouilles ont été effectuées en 1933 par Henry Corot, archéologue et membre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, ainsi que membre de la Commission des antiquités du département de la Côte-d'Or. Cette première expédition permit la découverte de deux statuettes en bronze, trouvées dans les gradins du sanctuaire à environ 3,50 mètres de haut et conservées aujourd'hui au musée archéologique de Dijon :
- la première statuette représente un jeune faune avec un bras brisé qui semble avoir subi quelques restaurations datant de l'époque ; cette figurine comprend également un socle ;
- la deuxième statuette, quant à elle, représente la déesse Sequana et est composée de trois parties sur un socle en bois : elle représente la divinité les mains tendues devant elle dans une galère en bronze, dont la poupe prend la forme d'un canard avec une groseille dans le bec. La déesse porte ici une robe de l'époque.
En octobre 1963, de nouvelles campagnes de fouilles sont faites : on y découvre près de 200 bois sculptés, pour la plupart des ex-voto, lors d'un nettoyage en vue d'un aménagement du sanctuaire. Ces ex-voto ont suscité un grand intérêt auprès des archéologues et du grand public, notamment en raison de la rareté de la conservation de bois antiques. En 1966 et 1967, deux nouvelles campagnes de fouilles sont dirigées par le doyen Roland Martin et ses collaborateurs. Des divinités de la mythologie romaine vont « élire domicile » par la suite sur le domaine où régnait Sequana, comme en témoignent les découvertes des statues d'Apollon et d'Hercule. Les découvertes faites durant toutes ces fouilles aux sources de la Seine sont visibles au musée archéologique de Dijon.
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