L’église Notre-Dame de Dijon

L’église Notre-Dame de Dijon est considérée comme un chef-d'œuvre d'architecture gothique du XIIIe siècle !

À l'emplacement de Notre-Dame se trouvait à l'origine, avant la seconde moitié du XIIe siècle, une simple chapelle, située hors de l'enceinte de la cité et dénommée chapelle Sainte-Marie. Elle se situait d'abord hors des murs de la ville, et ne devint une paroisse intra-muros qu'en 1137.

Vers 1150, la chapelle fut reconstruite dans le style roman. Elle joue un rôle éminent dans la vie officielle dijonnaise depuis l'octroi du statut communal en 1187. Elle devint alors le lieu de la prestation de serment du nouveau maire, et le lieu de conservation des archives communales, au-dessus du porche.

À sa place, les Dijonnais élevèrent à partir des années 1220 l'église gothique actuelle. Notre-Dame étant située au milieu d'un quartier populaire, la place faisait défaut et l'architecte, resté inconnu, usa de nombreuses techniques inédites pour ériger l'église. Par exemple, tout le poids de la charpente et de la toiture repose sur les piliers et non sur des arcs-boutants, permettant ainsi d'utiliser un maximum de surface au sol pour l'intérieur de l'édifice.

Dès le XVIIIe siècle, cette église a suscité l'admiration. Soufflot effectue des relevés, l'Académie la fait étudier. Vauban a dit de Notre-Dame qu'« il ne manquait à ce Temple auguste qu'une boîte pour l'enfermer ». Au XIXe siècle, Eugène Viollet-le-Duc a écrit dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française que Notre-Dame de Dijon était « un chef-d'œuvre de raison. »

L'église a été restaurée de 1865 à 1884 par les architectes parisiens Emile Boeswillwald, Eugène Millet et Charles Laisné, et non par Viollet-le-Duc comme il est parfois écrit par erreur. Les travaux consistèrent à rendre à Notre-Dame son aspect supposé d'origine. Pour cela, les constructions adventices furent supprimées, la tour de la croisée rétablie en tour lanterne. Toutes les sculptures abîmées furent refaites.

Plusieurs historiens d'art ont signalé l'originalité de la façade occidentale. D'une planéité singulière, elle est en effet unique dans l'architecture gothique française. Elle constitue une sorte d'écran qui masque les dispositions intérieures de l'église. Mesurant environ 28,6 m de haut sur 19,5 m de large et 6,2 m de profondeur, elle compte trois niveaux d'élévation, dont le premier comporte trois grandes arcades, formant l'entrée d'un porche, dont les voûtes sont soutenues par deux rangs de piliers. Ce porche précède les trois portes de l'église, dont les voussures, le tympan et les ébrasements étaient ornés de statues et de sculptures, détruites en janvier 1794.

Au-dessus de ces arcades, la façade s'orne de deux galeries d'arcatures superposées, reposant chacune sur dix-sept colonnettes d'un seul morceau, couronnées d'un chapiteau, et soulignées par trois bandeaux ornés de fausses gargouilles alternant avec des métopes.

Cette façade est encadrée de contreforts d'angle, surmontés de tourelles d'escalier coiffées d'une toiture conique.

Au-dessus de la façade devaient s'élever initialement deux tours carrées, dont n'existent que les amorces. Sur la souche de la tour sud de la façade occidentale, un campanile supporte le Jacquemart.

Les cinquante et une « gargouilles » de la façade occidentale de Notre-Dame de Dijon sont seulement décoratives, car elles n'évacuent pas l'eau de pluie. L'église comporte de vraies gargouilles sur les murs gouttereaux et l'abside.

Le Jacquemart de Notre-Dame: L'automate Jacquemart et la grosse cloche ont été ramenés de Courtrai, en Belgique, après le pillage de la ville par les armées de Philippe le Hardi en 1382. Cette année-là, le duc de Bourgogne partit en campagne afin de porter secours à son beau-père, le comte de Flandre, pris de court par une rébellion qui s'étendait entre Lille et Courtrai. La ville de Dijon avait fourni au duc mille hommes d'armes. Après la victoire bourguignonne, Philippe le Hardi s'empara à Courtrai, en novembre 1382, d'une horloge placée sur la tour des halles, munie d'un automate sonnant l'heure sur une cloche, qui passait pour une merveille. Il la fit démonter et l'offrit à Dijon, sa capitale. Ce qui restait de Courtrai fut livré au pillage.

La famille ducale et les Dijonnais se cotisèrent pour placer en 1383 l'horloge et l'automate au-dessus de la façade occidentale de l'église Notre-Dame. La cloche, qui s'était brisée lors du transport, fut refondue à Dijon et reçut le prénom de sa marraine, la duchesse Marguerite de Flandre.

L'étymologie du terme Jacquemart est incertaine ; ce nom n'est attesté, pour l'automate de Dijon, que depuis 1458.

Un second automate, figurant une femme, fut ajouté en 1651 à droite du campanile, pour sonner les heures alternativement avec Jacquemart. Les Dijonnais l'appelèrent Jacqueline.

En 1714, le poète dijonnais Aimé Piron demanda à la municipalité de donner des enfants aux époux. Cette année-là ou peu après, un enfant automate fut adjoint au couple pour sonner les demi-heures. Les Dijonnais le nommèrent Jacquelinet.

En 1884 fut ajoutée Jacquelinette, qui frappe les quarts d'heure avec son frère.

L'église Notre-Dame reste de dimensions modestes. Longue de 49 mètres, elle possède une nef à six travées. La nef est scandée de piliers cylindriques très sobres surmontés de chapiteaux à deux rangées de crochets. Les arcades sont en arc brisé. Un triforium aveugle court le long de la nef. Il est souligné par une rangée d'élégantes colonnettes à chapiteaux et surmonté par une

rangée de dalles qui crée une ultime galerie de circulation devant les fenêtres hautes. On remarquera l'alternance intéressante des colonnes qui soutiennent la voûte. S'élançant depuis les chapiteaux des piliers de la nef, elles vont par trois ou sont isolées.

Quasiment sans chapelle latérale, elle offre aux visiteurs une rangée de vitraux du XIIIe siècle dans le croisillon gauche du transept (le reste de la verrière est l'œuvre du maître verrier parisien Édouard-Amédée Didron au XIXe siècle) et une statue du XIe ou XIIe siècle : Notre-Dame de Bon-Espoir dans une chapelle absidiale.
De 1865 à 1884, l'église subit une restauration importante, notamment la tour de la croisée qui changea totalement d'aspect. La tour était séparée de l'intérieur par une voûte ; on en fit une tour-lanterne pour éclairer le transept que l'on surmonta en 1873 d'une flèche d'ardoise beaucoup plus haute que l'ancien clocher.

 

L'église a été classée au titre des monuments historiques par la liste de 1840. La chapelle de l'Assomption, la sacristie et la galerie les reliant à l'église sont inscrites au titre des monuments historiques depuis le 5 juillet 2002.

Visité en 2026.

 

2 Place Notre Dame, 21000 Dijon

Accès libre

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Dijon

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Dijon/Dijon-Notre-Dame.htm

TERRIBILIS, tapisserie de Dom Robert (1946):  Suspendue sous l'orgue de l'église Notre-Dame du Bon espoir. Elle est due au talent du peintre et cartonniste Dom Robert (1907-1997), ami de Jean Lurçat. Elle dépeint la ville assiégée ceinte de ses remparts, les ennemis étant représentés par des bêtes féroces, et la Sainte Vierge, toute de dentelle parée, offrant sa bienveillante protection. Deux inscriptions figurent sur les troncs d'arbres : septembre 1513 à gauche et 11 septembre 1944 à droite. Ces deux dates font référence à deux événements très bénéfiques pour les Dijonnais. A deux reprises, sur le point de se voir submergés par une armée étrangère, les fidèles ont prié la vierge du Bon Espoir, l'une des statues de bois les plus anciennes connues en France. Elle date du XIème siècle et présente la caractéristique de montrer la Vierge Marie qui vient juste de mettre au monde son enfant (dont la statue a disparu à la Révolution). 

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