Dans la rue de la Chouette, voie piétonne qui longe le côté nord de l'église et le chevet, une pierre du contrefort d'une chapelle de Notre-Dame de Dijon porte une sculpture que les Dijonnais appellent « la chouette ».
Perchée à environ 1,80 m du sol, elle mesure 35 cm de haut. Elle est d’une facture assez sommaire, représentant le corps trapu d'un oiseau en moyen relief poli par les ans. Ne figurent ni plumes, ni ailes, ni yeux, ni bec, ni quelconques détails autres que de fines aigrettes de chaque côté de sa tête.
La rue « Derrière Notre-Dame » apparaissant sous le nom « rue de la Chouette » sur un plan de 1759 et un manuscrit de l’église datant de la Révolution faisant état de « restes de la sculpture d’un oiseau qui paraissent avoir représenté une chouette » suggèrent que son culte date au moins du Moyen Âge ; un culte païen qui se serait développé en contradiction avec les principes catholiques refusant l'adoration d'idoles. Au XXIe siècle, la chouette représente un symbole populaire très important de la ville de Dijon.
Sa signification est inconnue. Pour certains, la chouette pourrait être une signature laissée là par un tailleur de pierre nommé Chouet. Ce qui est sûr, c'est qu'elle n'est pas la signature de l'architecte de l'église, car cet oiseau est sculpté sur une chapelle élevée à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle, soit plusieurs siècles après la construction de Notre-Dame. Pour d'autres, avec ses aigrettes, cette sculpture pourrait représenter un hibou grand duc en hommage au duché de Bourgogne.
La chouette est très usée à cause d'une pratique superstitieuse ancienne qu'elle suscite : Dijonnais et touristes ont coutume de la caresser, de la main gauche, en espérant que le vœu qu'ils formulent soit exaucé à condition de ne pas croiser au même moment le regard de la salamandre, autre sculpture située un peu plus haut sur le mur et qui pourrait alors annuler l’enchantement. Les attouchements successifs au cours du temps ont entraîné le fait que seule subsiste la forme générale, la plupart des détails de la sculpture ayant depuis longtemps disparu.
Le 5 janvier 2001, un vandale a porté à la chouette plusieurs coups de marteau. Cette dégradation suscita l'émotion des Dijonnais. Plutôt que de laisser la chouette en l'état ou de remplacer le bloc de pierre sur lequel elle était sculptée, il fut décidé d'en réparer les cassures. Un moulage de la chouette avait été réalisé en 1988 par un statuaire mouleur du Louvre. Il servit de modèle à la réparation, qui consista à incruster un fragment de pierre, ensuite patiné. Ce travail s'accomplit fin janvier et début février 2001. Depuis cet incident, un système de vidéosurveillance a été mis en place afin de prévenir toute récidive. La chouette restaurée a été inaugurée officiellement le 12 mai 2001.
Ces péripéties n'ont fait qu'accroître la popularité de cette sculpture à Dijon. L'office de tourisme l'a choisie en 2001 comme symbole du Parcours de la Chouette, circuit touristique piétonnier qui fait le tour du centre historique avec un marquage au sol constitué de nombreuses flèches, et, devant les principaux monuments, vingt-deux plaques carrées, portant une chouette gravée.
Visité en 2026.
2 Place Notre Dame, 21000 Dijon
Accès libre
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame_de_Dijon
La salamandre
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