Eglise romane de plan rectangulaire régulier à trois vaisseaux construite en grès, poudingue et granite. Elle comprend une nef et deux bas-côtés réunis sous un toit à deux versants, un choeur de moindre hauteur prolongé par une sacristie plus basse.
La nef mesurant 7,80 m de large par 31,30 m de long, est composée de cinq travées anciennes (elle était formée à l'origine de six travées comme l'indique le départ d'une arcade au sud-ouest). Elle est séparée des bas-côtés par des arcatures en plein cintre (cinq au nord, une sud) et en arc brisé (quatre au sud) suggérant deux campagnes de construction remontant à l'époque romane. Chaque arcade est surmontée de fenestrons murés, tandis qu'un grand arc diaphragme en plein cintre sépare le choeur architectural de la nef. Le choeur, au volume important, est ajouré d'une grande baie axiale de style gothique flamboyant conservant son remplage d'origine et portant les armes de la famille de Quéleneuc. Le massif occidental présente enfin deux tours dont celle de gauche est couronnée d'une flèche polygonale en maçonnerie.
Bien qu´elle ait été proposée et inscrite sur la première liste des Monuments Historiques le 1er mars 1838, l´église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul ne bénéficie d'aucune protection à ce jour. Elle n´est mentionnée, selon Jean-Pierre Le Gal La Salle, comme lieu de culte qu´à partir du 1298 (d´après Anc. Ev. de Bretagne, III, p. 198), alors qu´Erquy est attesté comme paroisse dès 1167. L´analyse architecturale suggère une construction romane des XIIe et XIIIe siècles (nef, bas-côté nord, partie du bas-côté sud et du choeur) ayant subi des transformations aux XVe, XVIIIe et XIXe siècles. Les premiers renseignements d'origine historique sont relatifs à la construction de 1411-1412 d'une partie du choeur par ordre de Geoffroy du Quéleneuc, seigneur de Bien-Assis. Bien qu´il ait négligé l´origine romane de la construction, René Couffon signale que le bas-côté nord a été reconstruit en 1787 et que la sacristie et le bas-côté ont été respectivement construits en 1818 et 1828. Toujours selon la même source, le pignon ouest a été démoli en 1841 par François Vautier, puis reconstruit en 1845 d´après les plans de Joseph Le Châtelier visés par l'architecte départemental M. Lorin. L´église a été restaurée à la fin du XXe siècle sous la direction d´Arnaud de Saint-Jouan, alors inspecteur en chef des Monuments Historiques.
Visité en 2026.
3 Pl. du Centre, 22430 Erquy
Accès libre
Sources:
https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA22003887
https://www.ville-erquy.com/culture-et-patrimoine/patrimoine/eglise-saint-pierre-et-saint-paul/
Le retable du maître-autel (1719) est l’œuvre du menuisier Yves Nabucet et du peintre lamballais Augustin Guernion, en bois peint et doré. Au centre du retable est représenté l’Assomption, dans les niches Saint-Pierre et Saint-Paul et en haut Saint-Sébastien et Saint-Nicolas.
Un autre retable (1727) est l’œuvre du menuisier Yves Nabucet et du peintre Le Moigne. Il est en bois peint, imitation marbre et doré à la feuille d’or. Il provient de la chapelle privée de la Ville-Cour et représente un épisode de la vie de Saint-Mathurin au IVe siècle. La scène représente le saint chassant le démon du corps de Théodora, fille du tyran Maxime.
Le bénitier à cariatides, en granit, est du XIIe siècle. Un bénitier dont la légende laisse supposer que ce curieux bénitier aurait pu être une ancienne cuve à sacrifice au regard de ses bords usés. Plus plausible, cette usure importante proviendrait plus justement de la coutume des paysans de venir y aiguiser leurs faucilles dans l’espoir d’abondantes récoltes.
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