L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Chaintreaux

L'église date du moyen-âge. À cette époque, la paroisse de Chaintreaux appartenait principalement à la léproserie de Néronville (près de Château-landon) ainsi qu'aux seigneurs d'Égreville. Construite au XIIIe siècle, elle a initialement été dédiée à Saint Hubert puis à Saint Pierre et Saint Paul.

L'église est de forme classique, en croix latine, avec deux chapelles latérales. L'entrée principale se fait par le clocher-porche, construit en pierres de Souppes-sur-Loing. Son l'aspect massif laisse penser que l'église a eu un rôle défensif au cours de l'histoire, comme en attestent la présence de meurtrières aujourd'hui bouchées.

L’entrée principale se fait par le clocher-porche qui, comme son nom l’indique, a été construit en avant-corps. Massif, en pierres taillées, il a certainement eu un rôle défensif au cours de l’histoire. Peut-être lors des guerres de religion. Il est surmonté d’une girouette représentant un coq, symbole du peuple français.

L’église est construite en pierre de Souppes. Sur le linteau de la porte latérale, ainsi que sur d’autres pierres taillées, est gravée une corne de chasse, rappelant la première dédicace de l’église à saint Hubert et la présence de ses reliques en ces murs.


On peut apercevoir à plusieurs endroits de l'église une litre funéraire du XVIIe siècle portant les armes d'Antoine Philibert de Torcy et de son épouse Marie Françoise Élisabeth de l'Hôpital, seigneurs du pays et d'Égreville. La litre fut peinte lors du décès de celle-ci en 1694. La même litre est visible dans l'église Saint-Jean Baptiste de Chevry-sous-Bignon.

Le fait être inhumé dans une église, au plus près de Dieu, constituait un privilège qui n'était accordé qu'à la noblesse et au clergé. La pierre tombale du chevalier Jehan de Chaintreaux témoigne de cette pratique. Sur la pierre usée, on peut deviner le chevalier avec ses armes.
Les corps des différents nobles qui reposaient dans l'église ont été déterrés à la révolution. On voulait alors effacer jusqu'au souvenir de la noblesse.


Chapelle du Sacré Cœur, transept sud (anciennement chapelle de la Vierge):

Il s'agit de la partie la plus ancienne de l’église, on peut y admirer des fresques datées du XIIIe siècle.

la mise au tombeau
Malheureusement amputée par le percement d'une seconde ouverture, la scène reste néanmoins lisible. En arrière plan, en haut à gauche, le Calvaire et ses trois croix, celle de Jésus entouré des deux larrons. Au premier plan, le corps de jésus est posé sur une pierre, ses jambes entourées d'un linceul blanc. Autour de lui, on est occupé à préparer le corps, selon la coutume juive alors en vigueur. Nicomède est traditionnellement représenté aux pieds de Jésus. Près de lui, Marie recouverte de son manteau, et Marie-Madeleine, reconnaissable au pot de parfum qu'elle tient à la main. À leurs côtés, Saint Jean et d'autres disciples.

Fresque de Saint Eloi
A l'origine, cette scène devait occuper tout l'angle de la chapelle, mais elle a été recouverte notamment par la litre funéraire. La scène est peu lisible : au sol, on distingue un damier, trois personnages, dont un est agenouillé en prière avec un foyer et des flammes en arrière plan. Le personnage principal est auréolé. Il pourrait s'agir de saint Eloi à sa forge.


la chapelle Saint Hubert:

Aux origines, on venait en pèlerinage dans cette église pour y vénérer saint Hubert, dont un fragment de l'étole était alors présentée. L’église conserve encore de nos jours une relique du saint (morceau d’os). On peut admirer dans cette chapelle un bois sculpté en ronde bosse datant de 1616 et représentant la Vision de saint Hubert (classé le 31 janvier 1938).

La légende rapporte qu' Hubert n'avait pu résister à sa passion un Vendredi saint, et n'ayant trouvé personne pour l'accompagner, il était parti chasser seul. Il se trouva face à un cerf extraordinaire, blanc et qui portait une croix lumineuse au milieu de ses bois.
Hubert se mit à pourchasser le cerf mais celui-ci parvenait à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l'animal s’arrêta et qu’une voix tonna dans le ciel en s’adressant à Hubert :
« Hubert ! Jusqu'à quand poursuivras tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? ».
Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision : « Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? »
La voix reprit : « Va auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht et convertis toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné, Je te fais confiance, afin que mon église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée ».

la vision de Saint Hubert
Cette scène en bois sculpté polychrome date de 1616. Elle se compose de trois parties : le cerf, à gauche, assailli par les chiens, un crucifix entre les bois. Au centre, Saint Hubert descendu de cheval, est impressionné par cette vision. À droite, des personnages plus petits, car de moindre importance. Un cavalier sonnant la corne, et un serviteur retenant le cheval d'Hubert.

 Trois vitrines présentent les riches vêtements liturgiques de la paroisse tombés en désuétude après le concile Vatican II (1965) qui simplifia la liturgie et l’épura du décorum superflu. Parmi ces vêtements, une rare chape en soie brodée à fleurs du XVIIIe siècle, classée. D’autres vêtements anciens sont conservés dans la sacristie


Elle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis le 22 août 1949.

Visité en 2026.

 

12 Place de l'Église, 77460 Chaintreaux

 

Sources:

https://www.eglisesduconfluent.fr/Pages/77-Chaintreaux-StPierreStPaul.php

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Pierre-et-Saint-Paul_de_Chaintreaux

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