Il y a eu au moins six fours sur les hauteurs de la plage des Sables Rouis.
Les fours à soude ou à goémon sont des tranchées creusées dans le sol qui servaient à produire des « pains de soude », obtenus à partir des cendres du goémon récolté, et qui étaient vendus au XVIe siècle aux manufactures du verre puis surtout au XIXe siècle, lors de la deuxième période industrielle de ces algues, aux industries qui en exploitaient l’iode utilisé dans l'industrie de la photographie (iodure d'argent) et le domaine médical (teinture d'iode désinfectant les blessures externes).
Un four se présente sous la forme d'une tranchée de 5 à 10 m de long, 0,50 m de large et 0,50 m de profondeur. Les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise. Ces pierres sont isolées de la terre par une couche de galets qui laisse passer l'air. Ces cloisons devaient être souvent changées car la chaleur les faisait éclater. Le four est généralement construit sur une butte exposée aux vents dominants.
Une fois séché, le goémon est reconstitué en meulon près du four. Les brûleurs de goémon disposaient les algues dans le four sur un lit de branchages enflammés. Le goémon était jeté par petites poignées pendant plusieurs journées dans le four à goémon. Une sorte de lave minérale se déposait alors au fond de la fosse. Des hommes armés du pifon remuaient la couche de goémon pour mieux la faire brûler. Puis ils laissaient refroidir et à l’aide du pifon, ils dégageaient les « pains de la mer » d'environ 50 kg qui était vendu aux usines de produits chimiques (la soude, l'iode, les sels de potasse servaient notamment à l'industrie chimique, pharmaceutique et à la verrerie).
Il fallait environ une tonne de goémon vert pour obtenir un bloc de soude (jusqu'à 80 kg) dont l'usine extrayait au mieux 1 kg d'iode.
On y brûlait également les laminaires séchées, pour en faire de la teinture d'iode, puissant antiseptique.
Visité en 2026.
Route des Sabias, 85350 Ile d'Yeu
Sud de la Plage des Sables Rouis, Accès libre
Sources:
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