le tombeau de Saint Agilbert 

Perpendiculairement au mur mérovingien se trouve le tombeau de Saint Agilbert : c’est lui qui a fait construire la crypte pour sa sœur Telchilde. C'est vers 680 qu'Agilbert, évêque de Paris, fait donc construire une crypte à l'est de la basilique funéraire pour y abriter les tombeaux d'Adon et de sa famille (en fait la famille de la deuxième épouse de son père, saint Authaire).

Son principal biographe fut Bède le Vénérable (vers 672 – vers 735)
« Il était dit-on, fils d’Adon, donc d’origine franque, le fondateur de Jouarre et par conséquent petit-fils d’Authaire et d’Aiga, qui avaient accueilli Colomban à Ussy-sur-Marne. Il était le frère de Théodechilde, première abbesse de Jouarre auprès de laquelle il demanda à être enterré.

  Agilbert a été évêque de Dorchester en Angleterre, puis évêque de Paris. Son tombeau est, lui aussi, richement orné : sur le côté, une frise en fort relief représente le Christ et les élus. Le Christ est assis sur un trône, au-dessus de lui, on voit la tête et l’aile d’un ange. Il tient à la main un rouleau déplié, le livre de Vie, sur lequel sont inscrits les noms des élus, le nôtre peut-être si nous voulons bien garder nos lampes allumées, comme il est dit sur le cénotaphe de Telchilde et « nous laisser sauver par pure grâce ». Ainsi écrivait Bossuet, évêque de Meaux au XVIIe siècle, à une sœur de Jouarre.
Les « élus » ont les mains levées pour louer Dieu, mais aussi pour acclamer la victoire du Christ, assis sur un trône comme un empereur romain qui a gagné la bataille : c’est Lui l’empereur véritable. On voit aussi deux anges, l’un devant qui tire et un autre derrière qui semble pousser. La frise est très abîmée, mais elle garde son mouvement.

La tête du sarcophage est un bijou, un joyau, on ne sait quel terme employer devant cette pièce, cette œuvre d’art sacré, ce Christ tétramorphe. Préservée de l’érosion grâce à la création supposée d’un vide d’air entre le mur contre lequel est le tombeau, et le mur, l’œuvre est intacte. Encore très influencée par l’art
byzantin, la facture du Christ est surprenante. Celui-ci est représenté imberbe et jeune, voir joufflu, avec un sourire de sérénité parfaite, comme un bouddha.  Il est encadré d’une tête d’homme, d’une tête de lion, d’une tête de taureau et d’une tête d’aigle. Cela représente les quatre évangiles. Saint-Luc est le taureau, Saint-Mathieu est l’homme, Saint-Marc est le lion et SaintJean, l’aigle. C’est même la plus ancienne représentation du Christ en Tétramorphe connue dans l’art occidental.

Visité en 2011 et 2026.

 

6 Rue de Montmorin, 77640 Jouarre

Accès payant

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cryptes_de_Jouarre

https://www.abbayejouarre.org/vivre-ici-et-maintenant/l-histoire/joyaux-de-l-histoire

https://nominis.cef.fr/contenus/Jouarre_cryptes.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agilbert_de_Paris

https://www.amisaintcolomban.org/attachments/File/Patrimoine_colombanien/saints/5_Agilbert.pdf

https://www.pariszigzag.fr/insolite/lieux-insolites/cryptes-jouarre/

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