Les grottes de la Garenne

La présence de la rivière Creuse, de la forêt et d'un abondant gibier ont permis l’installation humaine sur ce territoire dès les temps préhistoriques. Le site de la Garenne comprend trois cavités : le Grand abri, la grotte Blanchard et la grotte Chapelle.

En 1898, Breuil et Benoist établissent une stratigraphie (probablement du Grand Abri puisque la grotte Blanchard n'est découverte qu'en 1957).

Il est fouillé à partir de 1946 jusqu'en 1976 par le Dr Jacques Allain, qui se concentre particulièrement sur la grotte Blanchard, en compagnie de son ami J. Descouts.

Grand abri

Le Grand abri est fouillé à partir de 1946 par J. Allain. Il a une forme d'entonnoir d'environ 8 m de diamètre. Il s'enfonce en oblique dans le coteau et se prolonge par un boyau profond qui rejoint la grotte Blanchard sous-jacente. Ce boyau a été bouché avant le Magdalénien V. La grotte Blanchard et le Grand abri ont été occupés avant la formation de ce bouchon ; l'occupation a perduré ensuite dans le Grand abri, qui est occupé à partir du Magdalénien IV (niveau 4) jusqu'à la fin du Magdalénien V (niveau 7 bis, à la jonction Magdalénien V-VI).

La première occupation de ces deux formations est au Magdalénien IV (niveaux stratigraphiques 1 à 4) ; à cette époque l'habitat est dense et permanent. Les niveaux 5 à 7 sont du Magdalénien V et correspondent plus vraisemblablement à des haltes temporaires.

Ces deux grottes ont livré 26 lampes connues (nombre en 1987), dont une rare provenant du Grand abri, façonnée de telle façon qu'elle pouvait porter quatre mèches. Trouvée le 10 octobre 1948, elle faisait partie des collections du Musée de l'Association pour la Sauvegarde du site d'Argentomagus (Saint-Marcel) en 1987.

Grotte Blanchard et le Magdalénien à navettes

La grotte Blanchard est découverte le 10 juin 1957 par MM. Blanchard et Descouts.

La stratigraphie de la grotte Blanchard comprend six niveaux successifs porteurs de cet assemblage, ce qui indique une remarquable constance dans le temps.
Le seuil de la grotte présente trois niveaux d'habitat superposés (1, 2 et 3) datant du Magdalénien IV ; la couche 1 est inexistante à l'intérieur de la grotte. Selon Rigaud (1977), la couche 4 est notablement plus importante que les autres couches.

Le Magdalénien à navettes

À partir de ses fouilles dans cette grotte, Allain définit le Magdalénien à navettes et en fait l'analyse technologique, typologique et culturelle sur la base d'un ensemble de caractères typologiques communs :

  • sagaies à double biseau,
  • navettes,
  • concepts artistiques originaux :
  • rareté de l'art animalier naturaliste,
  • figurations sexuelles fréquentes, préférence marquée pour le thème de la face humaine,
  • décors en cupules.

Bâton percé atypique

Un sondage de 1957 a livré, dans une couche de détritus sur pente épaisse de 15 cm, un petit bâton percé de 10 cm de long, façonné dans une lame de bois de cerf détachée par double sciage parallèle, porteur de plusieurs curiosités :
le trou n'est pas, contrairement à l'habitude, percé à hauteur d'un départ d'andouiller ;
il est sculpté pour représenter une figue humaine vue de face, un angle de vue très rarement rencontré dans les figurations humaines de cette période ;
le nez est, très exceptionnellement, représenté par une double ondulation figurant les narines.

Grotte ornée

La grotte est ornée de gravures, dont une petite tête de cheval de 10 cm de longueur. Le parois portent aussi des traces de peintures rouges et noires.

Têtes de sagaies dans les fentes des parois

Certaines fentes du rocher sont piquetées de têtes de sagaies en bois de renne ; plus de 15 sagaies sont visibles, l'une d'elles étant accompagnée d'une lame de silex.

Datations

Selon Vialou (1997), des datations radiométriques ont été tentées au temps des fouilles Allain mais se sont avérées défaillantes. Les datations d'Allain sont donc basées sur le stratigraphie, les études techno-typologiques des industries lithiques et osseuses, et l'étude palynologique.

Un constat sanitaire a révélé la mauvaise qualité de son support calcaire et le travail de sape causé par les vibrations des trains qui passent en contrebas. Cette fragilité qui constitue une menace directe pour sa conservation a impliqué sa protection par des grilles et une surveillance régulière.
Si le site ne peut être visité, des panneaux didactiques, installés fin 2015 en présence de scolaires, soulignent son importance. « Cette grotte de référence européenne est en cours de classement Monument historique », précise Claudine Mariat, présidente de l'Assaam, soucieuse de sa préservation. 

Visité en 2026.

 

chemin le long de la voie de chemin de fer, en continuité de la rue Claude Laudu 36200 Saint-Marcel

Musée archéologique d'Argentomagus, Les Mersans, 36200 Saint-Marcel

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Marcel_(Indre)

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/la-grotte-blanchard-illustre-inconnue

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