Ambiguë cette cathédrale Saint-Julien formée d’une nef romane qui tranche avec un gigantesque chœur gothique. Difficile donc à classer bien qu’il existe une grande harmonie, une cohérence née de la fusion des matériaux utilisés : le roussard (type de grès), le calcaire et le verre.
Mais rien ne frappe plus en franchissant les portes de Saint-julien que l’extraordinaire luminosité de l’édifice. La lumière y pénètre en demi teinte à travers l’un des plus beaux ensembles de vitraux médiévaux (à l’image de Notre-Dame de Chartres). Et que dire de cette superbe clarté venue des immenses fenêtres du chœur, du transept et de la grande rose du croisillon nord. Une cathédrale éclairée dans le chœur par cent huit baies, du jamais vu pour l’époque ! Tout, dans ce magnifique mouvement ascensionnel, sublimise cette architecture qui fait jaillir la lumière.
Cette cathédrale a subi maintes constructions et reconstructions depuis sa fondation. Commencée vers 1060 sous l'épiscopat de Vulgrin, elle fut achevée vers 1430. Elle aurait dû être encore agrandie vers 1500, mais le manque de moyens fit se résigner l'évêque de l’époque. Attaquée par la pollution de l'air au fil des ans, sujette au vieillissement naturel, la cathédrale Saint-Julien est un chantier quasi permanent de rénovation. Elle abrite les tombes de saint Julien et de Charles d’Anjou. Située sur la butte du Vieux-Mans, l'édifice possède une tour culminant à 64 mètres qui en fait l'édifice le plus haut de l'agglomération mancelle.
La cathédrale romane; Au milieu du XIe siècle, le renouveau spirituel insufflé par la Réforme grégorienne se traduit au Mans par l’édification d’une cathédrale nouvelle. Sa façade occidentale est aujourd’hui intégralement conservée. Peu de cathédrales romanes ont gardé, authentique, une façade de l’an 1100. Le pignon en damier, percé d’une
belle fenêtre aux dimensions inhabituelles au XIIe siècle, les bas-reliefs historiés qui évoquent les motifs des tapisseries de Bayeux, font de la façade occidentale de Saint-Julien un exemplaire unique en France. De cette cathédrale romane, élevée par l’évêque Hoël et ses successeurs, subsistent également la partie basse de la tour nord et les bas-côtés de la nef, remarquables grâce à leur appareillage de pierres, de calcaire et de roussard. C’est dans cette cathédrale encore en construction, que le pape Urbain II invite, en 1093, les seigneurs manceaux à délivrer le tombeau du Christ à Jérusalem. La même année, le moine Jean est appelé de la Trinité de
Vendôme pour terminer les travaux. En avril 1120, Hildebert de Lavardin dédicace «la plus belle église de l’Ouest», en présence de Foulques et Harembourg, comtes du Maine et d’Anjou. En 1128, leur fils Geoffroy Plantagenêt y épouse Mathilde, petite fille de Guillaume Le Conquérant et héritière du royaume d’Angleterre. Leur fils, le futur roi d’Angleterre, Henry II, y est baptisé. Les Plantagenêts font de Saint-Julien la cathédrale des grands événements de la dynastie.
Plus tard, plusieurs incendies imposent une reprise de la nef et un couvrement de pierre. Au-dessus du vaisseau central sont édifiées de grandes voûtes bombées sur plan carré. Ces voûtes gothiques que l’on retrouve dans plusieurs monuments de l’Ouest de la France, sont caractéristiques du domaine Plantagenêt. Elles s’élèvent à 24 mètres et couvrent la nef, longue de 60 mètres.
La cathédrale gothique; À la demande de l’évêque et des chanoines, Philippe Auguste, roi de France, soucieux d’affirmer la conquête politique du comté du Maine, autorise, en 1217, le franchissement de l’enceinte romaine pour agrandir le chœur de la cathédrale. Le plan de l’abside retient l’attention par son ampleur et sa couronne de 13 chapelles rayonnantes, séparées les unes des autres par des fenêtres. L’avènement de Geoffroy de Loudun, en 1234, marque l’histoire architecturale de la cathédrale. Légat du pape, cet évêque, bien né et fortuné, fait venir au Mans des architectes issus des milieux normand et parisien. Les maîtres de Coutances et de Bayeux se succèdent à la tête du chantier jusqu’en 1245. Ils élèvent les chapelles et le double déambulatoire. Le décor sculpté du triforium illustre bien la qualité du travail accompli. L’ultime étape de la construction du chœur est confiée à une équipe parisienne. Les fenêtres mancelles, qui rappellent celles de Notre-Dame de Paris, livrent le nom de leur concepteur : Jean de Chelles. Celui-ci, attentif aux formes préexistantes, déploie tout son génie afin d’assurer la cohérence de l’ensemble, dans le style de son temps, le gothique rayonnant. Les arcs-boutants du chevet, en Y renversés, forment un pont vertigineux où s’allient sciences de l’équilibre et de la lumière. Consacré en avril 1254, le nouveau chœur culmine à 34 mètres, 10 mètres au-dessus du reste de l’édifice. La volonté des chanoines de rehausser le transept à la hauteur du chœur se concrétise grâce à Charles VI qui voulait remercier saint Julien de l’avoir sauvé de la démence en août 1392. La galerie aux fleurs de lys sculptées et la grande rosace témoignent des dons royaux. En 1430, la nef romane et le chœur gothique s’épousent parfaitement. La fin de ces travaux fixe définitivement le visage de la cathédrale mancelle.
Elle est classée Monument Historique par liste de 1862
En 2023, l'édifice est sacré plus belle cathédrale de France.
Visité en 2025.
2 Pl. St Michel, 72000 Le Mans
Accès libre
Sources:
https://dico-du-patrimoine.fr/le-mans-cathedrale-saint-julien-romane-ou-gothique-a-vous-de-choisir/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Julien_du_Mans
Le portail royal de la cathédrale.
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