Entrons dans la Cathédrale Saint-Julien du Mans

L'architecture de la cathédrale cumule deux arts majeurs : l’art roman pour la nef, et l'art gothique pour le chœur et le transept. Les vitraux qui l'ornent sont le symbole de cette « fusion des genres ».

La cathédrale abrite une importante collection de verreries médiévales, romanes et gothiques ainsi que quelques verrières postérieures, datant du XXe siècle. Elle conserve en particulier une vingtaine de verrière romanes, parmi les plus anciennes d'Europe, situées dans la nef. Restaurées après la Seconde Guerre mondiale par l'atelier des frères Paul et André Rault, maîtres verriers à Rennes, et véritable musée de l'art du vitrail, on y trouve notamment le plus ancien vitrail sur site, le vitrail de l'Ascension, datant autour de 1120.

Les vitraux gothiques sont plus nombreux et ont subi moins de restaurations. Ils se trouvent principalement dans les parties hautes du chœur et dans la chapelle de la Vierge. Entre 1230 et 1270, de nouvelles verrières sont financées par les communautés commerçantes et artisanes de la ville, dont les boulangers, les drapiers, vignerons et changeurs, dont les activités sont figurées dans des scénettes de plusieurs de ces verrières.

La grande rose du transept nord fut créée au XVe siècle, en pleine Guerre de Cent Ans, et représente un thème en vogue à l'époque, Le credo.

Au début du XVIIIe siècle, les maîtres-verriers exécutent pour la sacristie des verrières incolores, selon la mode de l'époque, mais avec une grande maîtrise technique. Beaucoup de vitraux anciens de la cathédrale furent restaurés au cours du XIXe siècle et quelques nouvelles verrières furent même réalisées au XXe siècle par des ateliers locaux, comme le cycle de la Vie de Jeanne d'Arc datant des années 1920.

 

Plusieurs sculptures en terre-cuite du XVIIe siècle, une production typique de la ville du Mans à cette époque, sont exposées dans la cathédrale. On y trouve deux Mises au tombeau composées de multiples personnages en terre-cuite. L'une est dite Petite Mise au tombeau tandis que l'autre est connue sous le nom de Grande Mise au tombeau et est attribuée au sculpteur Gervais Delabarre qui l'a exécutée en 1621. La cathédrale abrite également plusieurs statues en terre-cuite du plus célèbre sculpteur manceau du XVIIe siècle, Charles Hoyau, notamment une Sainte Cécile (1633), une Sainte Marguerite, une Vierge de douleur et une Vierge à l'enfant, toutes restaurées.

Parmi les monuments funéraires encore in situ dans la cathédrale, le plus important est celui de Charles IV d'Anjou, comte du Maine et de Guise, mort en 1472, dû au sculpteur italo-dalmate Francesco Laurana, qui travailla un temps pour les comtes d'Anjou et de Provence. Datant de vers 1480, il s'agit d'un des tous premiers exemples d'art de la Renaissance italienne en France.

Autre monument de la Renaissance, la tombe de Guillaume de Langey du Bellay, datant de 1557, est attribuée au sculpteur français Pierre Bontemps.

 

La cathédrale possède une exceptionnelle collection de tapisseries anciennes, chose rare dans les églises aujourd'hui car la plupart ont disparu à la faveur des destructions des Révolutions, des guerres et des outrages du temps. Très fragiles et sensibles à la dégradation liée aux manipulations, aux conditions climatiques et à la lumière, elles sont rarement exposées dans le sanctuaire.

Les plus importantes sont celles du cycle de la Vie de saint Gervais et saint Protais, datant des années 1510 et tissées à Paris par le lissier flamand Gauthier de Campes. Ce cycle se compose aujourd'hui de cinq tapisseries représentant dix-sept scènes (sur vingt à l'origine), pour une longueur totale de trente mètres.

La cathédrale conserve également un cycle de tapisseries sur la Vie de saint Julien dont il ne reste que sept tapisseries sur les douze d'origine (trois entières, dont une acquise par l'État en 2017, et quatre fragmentaires). Il s'agit d'une production flamande ou parisienne remontant également au début du XVIe siècle et qui fut commandée par le chanoine Baudouin de Crépy.

Enfin, la cathédrale possède plusieurs tapisseries du XVIIe siècle de la Manufacture d'Aubusson.

 

Le grand orgue, installé au fond du croisillon sud du transept, fut réalisé, entre 1529 et 1535, par le facteur Pierre Bert dans un buffet de style Renaissance, conçu et sculpté suivant les directives de Simon Hayneufve.

Visité en 2025.

 

2 Pl. St Michel, 72000 Le Mans

Accès libre

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Julien_du_Mans

Chapiteaux des piliers de la nef.

Le vitrail de l'Ascension est le plus ancien vitrail (début XIIe s.) encore en place dans un édifice religieux.

Vitrail représentant saint Julien.

Du roman au gothique

Tombeau de Charles IV d'Anjou, comte du Maine, décédé en 1472, dans la première abside au Nord, sculpture attribuée à Francesco Laurana.

Tombeau de Guillaume du Bellay, seigneur de Langey mort en 1543.

La Grande Mise au tombeau (1621) de Gervais Delabarre.

Sainte Cécile jouant de l'orgue (1633) en terre-cuite polychrome de Charles Hoyau.

Statue de la Vierge à l'Enfant (V. 1633-1635) par Charles Hoyau.

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