L'enceinte romaine du Mans

Dans la ville dénommée anciennement Vindinum ou Vindunum, capitale du peuple gaulois des Aulerques Cénomans, a été édifiée au Bas-Empire romain, à une époque longtemps supposée être la fin du IIIe siècle mais que des études plus récentes placent désormais au début du IVe siècle.

 Les analyses récentes menées dans le cadre du Programme Collectif de Recherches « L’enceinte romaine du Mans. Bilan des connaissances » (M. Monteil, H. Meunier, A. Durand dir. ; Nantes Université-Le Mans Université), ont permis d’établir la construction de l’enceinte entre 320 et 360, sous Constantin ou ses successeurs, donc dans un contexte de renforcement de l’Empire, qui passe par une consolidation militaire et défensive des provinces.

Les recherches ont pu démontrer que les travaux de construction ont été réalisés selon un plan organisé et pour un coût important, « signe de la richesse de la ville et de son territoire » selon Joseph Guilleux, et conditions nécessitant une stabilité politique. L'enceinte garde sa fonction militaire pendant le Moyen Âge, et est conservée également parce que l'élévation du niveau du sol intra-muros lui donne un rôle de soutènement. Après le Moyen Âge, des bâtiments construits à ses abords immédiats contribuent à sa pérennité.

 La muraille romaine dessine un quadrilatère irrégulier de 450 m de long sur 200 m de large. Ce périmètre de 1300 mètres a ceinturé pendant plus de 17 siècles, le cœur de la ville.

D'une longueur initiale de 1 300 mètres, elle est très bien conservée sur environ 500 mètres et présente de très belles ornementations géométriques réalisées avec les matériaux polychromes de sa construction, « sans équivalents en France » selon Joseph Guilleux. Les couleurs de l'enceinte ont valu au Mans le nom de « ville rouge ». En effet, elle a été construite à partir de ressources locales dont notamment le grès roussard, un grès ferrugineux de couleur rouille-rouge. La teinte rosée des murs extérieurs est également renforcée par l’emploi d’un mortier auquel furent ajoutés des éclats de terre cuite pour en assurer l’étanchéité. De plus, les calcaires et grès locaux ont été associés au roussard pour la création de motifs variés de diverses couleurs. En tout, quatorze motifs distincts ont été disposés sur huit mètres de frise (chevrons, fleurs, colonnes, x…), dont certains se retrouvent sur d’autres édifices sarthois (villas, temples) antérieurs.

Le monument est étudié ponctuellement à partir du XVIe siècle puis de manière scientifique à partir du XIXe siècle. Le nombre de recherches qui lui sont consacrées augmente considérablement à partir des années 1980 à la suite d'un mouvement lancé par la communauté locale émue par la dégradation qu'il subissait et le risque de perte irrémédiable. Grâce aux travaux dont l'édifice a été l'objet, il appartient selon Estelle Bertrand au cercle « des enceintes les mieux connues de l'Antiquité ».

le monument est candidat au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2016:  L’Unesco apporte une reconnaissance patrimoniale de niveau mondial. Il est apparu intéressant, à l’occasion de cette candidature, d’étoffer et d’affiner les recherches qui existaient déjà, notamment les travaux importants menés par Joseph Guilleux dans les années 1990-2000. Le label Unesco apporte une visibilité internationale à la ville, même si le travail mené actuellement et ses retombées ne se limitent pas à cette labellisation. La forteresse méritait d’être mieux reconnue au niveau national et aussi d’être redécouverte par les Manceaux et les Sarthois qui ne connaissent pas nécessairement son histoire.

Classé au titre de monument historique depuis 1862. 

Visité en 2025.

 

Quai Louis Blanc, 72100 Le Mans

Accès libre

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Enceinte_gallo-romaine_du_Mans

https://murus.univ-lemans.fr/notice_1-320-360-construction-de-lenceinte/

https://www.inrap.fr/au-pied-du-mur-l-enceinte-romaine-du-mans-16518

https://www.lemans-tourisme.com/fr/enceinte-romaine.html

Tour de la Madeleine

Tour de Tucé

Tour des Ardents

Tour du Vivier

Vue de la Grande Poterne du côté campagne.

Détail des deux baies de la porte Saint-Martin

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