Quand l’archéologie préventive éclaire une histoire oubliée.
Autour du défunt, de sa tombe et plus largement du site de Lavau, l’exposition retrace la démarche archéologique menant à reconstituer ce moment oublié de l’Histoire. Entre la Bourgogne et la Champagne, en quelques générations, émergent deux « royaumes », chacun révélant une sépulture princière quasi contemporaine : Vix et Lavau.
Elles témoignent ostensiblement de la richesse de ces souverains et de leur appartenance à un monde connecté culturellement et commercialement, entre le continent celtique et les cités-états de la Méditerranée. Une connexion qui se manifeste tout particulièrement par la préciosité des objets mis au jour et la richesse de leur décoration.
De la nécropole des ancêtres aux funérailles fastueuses d’un prince.
Un témoin ostensible de la richesse de ces souverains et de leur appartenance à un monde connecté culturellement et commercialement, entre le continent celtique et les cités-états de la Méditerranée. Une connexion qui se manifeste tout particulièrement par la préciosité des objets mis au jour et la richesse de leur décoration.
Le prince de Lavau est inhumé vers le milieu du Ve siècle av. notre ère dans une nécropole occupée depuis la fin de l’âge du Bronze vers le XIIe siècle av. notre ère. Le complexe funéraire princier s’inscrit dans une continuité dynastique respectueuse des ancêtres ou héros fondateurs. Unique en son genre, ce monument est composé d’un vaste enclos quadrangulaire et d’un portique monumental donnant accès à la tombe par une rampe, le dispositif étant scellé d’un tumulus de plus de 8m de haut. Le prince, dernière incarnation connue à ce jour du phénomène princier celtique (6 et 5 siècles av. notre ère) est inhumé sur son char à deux roues, accompagné d’un riche viatique.
Ce prince menait une vie imprégnée des cultures méditerranéenne et celte, ce dont témoignent les objets de facture très fine, comme le chaudron étrusque portant des traces de vin rouge, ainsi qu’un vase à boire grec, sur lequel figurait le dieu Dionysos allongé sous une vigne. Passé au scan, ce pichet a révélé des techniques d’assemblage et de décoration provenant de différents mondes : la Grèce antique, l’Étrurie et le monde celtique:
L’exposition présente pour la première fois au public la totalité du mobilier issu des fouilles, mais bien plus encore. Ces objets finement restaurés sont mis en regard d’autres ensembles contemporains régionaux et internationaux. Les commissaires ont privilégié des objets récemment découverts et des comparaisons de séries issues de prêteurs français et européens : oenochoés grecques et étrusques, statues, bijoux… Le monde du prince de Lavau est profondément influencé par la culture méditerranéenne (grecque et étrusque) et notamment par la pratique du symposion , autour de la consommation rituelle de vin rouge. Les objets retrouvés dans la tombe par les archéologues sont la traduction de cette pratique.
La mixité culturelle de plusieurs objets précieux semble être le fruit d’un artisanat de cour mêlant techniques et répertoires stylistiques celtiques et méditerranéens. Cette mixité trouve son apogée dans l’oenochoé attique : un objet remarquable et singulier provenant de Grèce et enrichi par les Celtes avec l’ajout de garnitures en or et en argent, symbolisant notamment une divinité celtique.
Les funérailles du prince ont dû être un événement politique important, inscrit dans une histoire locale, régionale, si ce n’est transalpine. Elles ont mobilisé un monument architecturalement hors normes, un public probablement nombreux et un traitement particulier du corps, sans doute « embaumé ».
L’exposition - dont la scénographie allie objets, reconstitutions et outils numériques - entend donc raconter l’histoire de ce personnage qui, par bien des aspects, renvoie l’image d’un statut royal et cristallise ce moment paroxystique du monde princier.
Visité en 2026.
Musée d’Art moderne. Collections nationales Pierre et Denise Lévy
14 Place Saint-Pierre - 10000 Troyes
Accès payant
Sources:
Le guerrier ou druide du Glauberg (Allemagne) porte une couronne de feuilles, un torque, une cuirasse, une bague, deux bracelets, un bouclier et une épée. L’effigie, sculptée dans du grès, mesure plus de 1,80 mètre et pèse plus de 225 kilogrammes. On l’a découvert près d’un tumulus du cinquième siècle avant notre ère.
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