Avant la conquête romaine (58-52 avant notre ère), le site de Soissons relève du peuple celte des Suessions, nom attesté par le livre de Jules César, La Guerre des Gaules (De Bello Gallico). Dans cet ouvrage, César indique que la Gaule (Gallia) (la province romaine de Narbonnaise conquise dès -120 étant à part) est divisée entre l'Aquitaine (au sud de la Garonne), la Celtique (entre la Loire et la Seine) et la Belgique (au nord de la Seine).
Les Suessions font donc partie de la Belgique, dont, selon César, les peuples sont moins romanisés que les autres Gaulois. Les Suessions sont alliés aux Rèmes, dont la ville principale est Reims (Durocorturum). La cité des Suessions a douze oppidums (sites fortifiés ; il existe aussi parfois des localités ouvertes, non fortifiées).
Après la fin de la guerre des Gaules, les Romains reconnaissent les Suessions comme une des cités (civitates) de la Gaule romaine, qui est d'abord une province unique dont le chef-lieu est Lyon (Lugdunum) fondée en -43.
À partir de 20 avant notre ère, le centre politique des Suessions est placé dans la colonie nouvelle d'Augusta Suessionum. Ceci est lié à la réorganisation de la Gaule par l'empereur Auguste, qui crée trois provinces, les Trois Gaules : l'Aquitaine (au sud de la Loire), la Lyonnaise (entre la Loire et la Seine) et la Belgique, qui ne diffère pas de ce que César appelait ainsi. Le chef-lieu de la Belgique romaine est Reims.
Augusta Suessionum est le siège de la curie, bâtiment dans lequel se réunit l'assemblée des décurions, notables chargés de l'administration de la cité et du paiement au gouverneur provincial des impôts dus, Rome n'envoyant pas de magistrat permanent à ce niveau. À partir du règne d'Auguste, un décurion des Suessions est envoyé chaque année le 1er août au sanctuaire fédéral des Trois Gaules à Lyon, où les délégués des soixante-quatre cités gauloises (hors Narbonnaise) reconnues se rassemblent pour rendre un culte à l'empereur et à Rome.
Au IIIe siècle, Soissons est d'une importance comparable aux villes de Reims, Rouen ou Amiens. La ville est dotée d'un théâtre de 20 000 places, seul témoin actuel de la gloire impériale passée.
Au Ve siècle, l'empire romain d'Occident est envahi par des peuples germains qui créent leurs royaumes, dans certains cas en accord avec l'empereur (accord de fédération) : le royaume des Wisigoths (capitale : Toulouse) en 418, le royaume des Burgondes (capitale : Genève) et le royaume des Francs saliens (capitale :Tournai). Entre ces trois royaumes, de la Loire à la Somme, s'étend un espace qui reste romain sous la direction des généraux Aetius, puis Ægidius et Syagrius (fils d'Aegidius), ayant la fonction de maître de la milice des Gaules (magister militum per Gallias).
Soissons est le centre de ce territoire, dit (rétrospectivement) royaume de Soissons, qui se prolonge au-delà de la fin de l'Empire romain d'Occident en 476.
Attaqué à partir de 481 par Clovis, roi des Francs saliens, Syagrius est battu en 486 lors de la bataille de Soissons, qui donnera lieu par la suite à la légende du vase de Soissons. Clovis décide alors de faire de Soissons sa nouvelle capitale, après Tournai, créant le royaume de Soissons (Regnum Suessionense), mais par la suite, il choisira Paris.
La ville devint la première capitale du royaume des Francs après le siège et la victoire (en 486 apr. J.-C.) de Clovis sur l'armée du général romain Syagrius. Le roi des Francs fit égorger le général romain un an après la bataille. Après cela, la cité resta romaine, tant d'un point de vue d'expression orale qu'écrite, que dans un sens purement civil, durant plusieurs décennies suivant l'arrivée des Francs, fait qui fut favorable à Paris pour l'établissement d'une capitale.
Soissons, ville épiscopale, redevient capitale de la Neustrie sous le règne de Clotaire Ier et sa région est le théâtre d'affrontements périodiques opposant la Neustrie à l'Austrasie.
En 752, Pépin le Bref est proclamé roi et sacré à l'abbaye de Saint-Médard à Soissons par saint Boniface. En 768, à la mort de Pépin le Bref, Carloman monte sur le trône du Royaume franc partagé avec son frère Charles proclamé à Noyon.
En 948, le duc de France Hugues le Grand, en rébellion contre Louis IV d'Outremer, assiège Soissons. Des tirs de flèches enflammées atteignent la cathédrale — qui s'enflamme — et l'incendie se communique bientôt à toute la ville qui est ravagée.
La ville connaît la prospérité aux XIIe et XIIIe siècles qui ont laissé de nombreux édifices gothiques.
Le 21 mai 1414, la ville de Soissons, défendue par son capitaine bourguignon Enguerrand de Bournonville, est prise d'assaut par l'armée royale après un siège, dirigé par le roi Charles VI en personne. L'artillerie royale ouvre des brèches dans la muraille et les faubourgs se rendent. Bournonville décide de fuir la ville dans la nuit du 20 au 21 mai, mais un des capitaines bourguignons, Simon de Craon, seigneur de Clacy, l'en empêche.
Le 21 mai, la ville de Soissons est prise d'assaut et mise à sac par l'armée royale, qui tue, pille et viole les habitants. Le 26 mai 1414, Enguerrand de Bournonville, condamné à mort par le roi, est décapité sur la place du marché de Soissons. Sa tête est exposée fichée sur une lance. Certains de ses compagnons d'armes sont décapités ou pendus.
Pendant les guerres de Religion, la ville est prise par les protestants en 1567, ce qui occasionne des dégâts, en particulier aux édifices religieux.
En 1791, Soissons perd son rôle de chef-lieu au profit de Laon, plus centrale.
Les grandes guerres du XXe siècle n’ont pas épargné la ville qui a été détruite à près de 80%, il subsiste malgré tout des vestiges encore visibles aujourd’hui qui témoignent du glorieux passé de la cité du Vase.
Visité en 2026.
Sources:
La cathédrale Saint-Gervais
L'abbaye de Saint-Jean-des-Vignes
L'abbaye Saint-Léger
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