Avant que Saint-Malo ne devienne siège épiscopal, il existait à l'emplacement de la cathédrale un petit monastère dédié à Saint Malo et dépendant de l'abbaye de Marmoutiers. En 1145, Jean de la Grille, évêque d'Aleth depuis 1144, obtint du pape Eugène III que le siège du diocèse soit transféré à Saint-Malo et l'église monastique devint la cathédrale.
Des transformations furent effectuées pour aboutir à une église de taille moyenne, en style roman, constituée d'une nef à trois travées et sans bas-côtés, d'un transept surmonté d'une tour carrée et d'un chœur. Sur le côté Sud étaient adossés un cloître et des bâtiments claustraux abritant un chapitre de chanoines réguliers. Au XIIIe siècle, le chœur fut reconstruit en style gothique par l'évêque Geoffroy de Pontual et une salle capitulaire fut adjointe au côté Sud.
La tour commencée au XIIe siècle fut surélevée en 1422. Le collatéral sud date également du XVe siècle, comme le prouvent l'enfeu où fut inhumé Olivier Troussier en 1475 et les armes sculptées de l'évêque Jean Lespervier. À cette même époque, trois nouvelles chapelles furent ajoutées au nord du chœur.
Entre 1583 et 1607, le collatéral nord fut réalisé par Thomas Poussin, tandis que le transept nord fut agrandi et la tourelle d'escalier de la tour construite. Le transept sud fut également prolongé de manière symétrique entre 1623 et 1630 par Jean Potier. En 1676, le sol du sanctuaire, du déambulatoire et le chœur ont été élevés au même niveau que la nef. En 1695, les canons de la flotte anglo-hollandaise détruisirent la rosace du chevet, laquelle fut remplacée par trois baies en plein-cintre.
La chapelle du Saint-Sacrement fut édifiée au sud en 1718 puis la tour du clocher fut surélevée et coiffée d'un dôme en ardoise. La façade fut reconstruite en 1772-1773, en style néoclassique, sur les plans de Robert Verron, architecte de Saint-Servan. Elle est plaquée sur les maçonneries médiévales.
En 1851 est créée par l'architecte Reynaud une nouvelle porte de style Renaissance, à droite du grand portail. En 1858, Napoléon III se laissa convaincre par l'abbé Huchet de faire coiffer la tour d'une grande flèche ajourée en style breton en pierre de Caen, entourée de quatre clochetons ajourés. Elle fut construite par l'entrepreneur Leroyer, à partir des plans de Frangeul Père et Fils. Cette flèche, très semblable à celles de la cathédrale Saint‑Corentin de Quimper réalisées à la même époque, remplaça le dôme d'ardoise. La croix de couronnement, au sommet de la flèche fut posée en 1860.
Lors des combats de l'été 1944, la cathédrale fut gravement endommagée. La flèche fut pilonnée par un destroyer allemand, croyant qu'elle pourrait servir de repère aux Américains, et elle s'écroula sur la chapelle dite du Sacré-Cœur. Les dégâts nécessitèrent une restauration importante qui débuta dès 1944, sous la direction des architectes en chef des monuments historiques Raymond Cornon puis Pierre Prunet à partir de 1966.
Ceux-ci furent plus importants qu'initialement pensés, ayant pour conséquence que l'enveloppe des dommages de guerre ne suffit pas à la reconstruction complète de l'édifice. En effet la reconstruction de la nef absorba le budget prévu pour la flèche. Plus de dix ans après la fin de la reconstruction de la ville, et après plusieurs levées de fonds qui se firent jusqu'au Canada, la flèche de la cathédrale put être enfin rebâtie. Bien que de hauteur identique à l'originale (la cathédrale mesure 77 m du sol à la croix), cette nouvelle flèche, dessinée par Prunet, est d'un style plus dépouillé, s’inspirant de celle de l'église Saint-Pierre de Périers. En 1972 eurent lieu de grandes cérémonies en présence d'évêques et de l'ambassadeur du Canada pour célébrer la « renaissance de la cathédrale ». En 1987, une nouvelle croix de couronnement fut érigée au sommet de la flèche.
Le vaisseau central de la nef et la croisée du transept datent du XIIe siècle et sont les restes de la première cathédrale édifiée par l'évêque Jean de la Grille. Leurs voûtes sont fortement bombées, ce qui manifeste une influence angevine qui pourrait s'expliquer par les nombreux déplacements de l'évêque dans le sud-ouest aquitain. Elles sont pourvues de croisées d'ogive mais celles-ci n'ont qu'un rôle purement décoratif et sont plaquées contre la voûte en moellon. La nef et le transept présentent des chapiteaux romans. Leur ornementation est d'un travail grossier, mais les motifs en sont extrêmement variés. Ils présentent sous les angles des corbeilles, des cariatides, des têtes humaines, un moine écartant des rinceaux de ses bras, des poissons, une sirène, des dragons ailés, des animaux cabrés et à queue recourbée, de grandes feuilles étagées chargées de perles et formant volute, ou enfin des tiges courbées s'arrondissant sous les angles et s'épanouissant en hémi-fleur-de-lys ou fleurons à trois lobes.
Le collatéral sud date du XVe siècle et celui du nord de la fin du XVIe siècle. Dans le sol, une mosaïque commémore l'agenouillement de Jacques Cartier avant son départ pour le Canada, le 16 mai 1535.
Le chœur date du milieu du XIIIe siècle. Il est influencé par l'art gothique anglo-normand et présente un chevet plat comportant une grande rose détruite au XVIIe siècle et restituée après 1944. Au XVIe siècle, des chapelles ont été ajoutées au nord dans lesquelles on peut voir les tombes de Jacques Cartier, inhumé en 1557, et de René Duguay-Trouin, dont les restes ont été ramenés de Paris en 1973.
Elle est une des sept cathédrales étapes du Tro Breiz.
Elle est classée monument historique depuis 1910.
Visité en 2026.
Pl. Jean de Châtillon, 35400 Saint-Malo
Accès libre
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Vincent_de_Saint-Malo
Ce bénitier n’en est pas vraiment un. C’est une ancienne cuve baptismale. Des générations y ont été baptisées. Chateaubriand, entre autres.
Dalle funéraire de Jacques Cartier.
René Duguay-Trouin est d'abord inhumé à l'église Saint-Roch de Paris. Retrouvés, les ossements sont rapatriés de Paris jusqu'à Saint-Malo en 1973, à l'occasion du tricentenaire de sa naissance, et ré-inhumés à la cathédrale Saint-Vincent.
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