En quittant les maisons à pans de bois de la place des Merciers et de la rue de l’Horloge, l’atmosphère médiévale se prolonge dans la rue du Jerzual. En 1500, celle-ci se nommait encore rue Jarjual. La rue du Jerzual étant composé de deux voies, le Vieux-Pont et le Jerzual, la porte faisant la séparation.
Cette ancienne voie d’accès, qui relie la ville haute au port en pente raide, regorgeait, à l’origine, de boutiques de tisserands, tanneurs… La rue en terre battue était épouvantable à grimper, avec la circulation des chevaux, des ânes, des charrettes… Et elle était bruyante de monde.
« Les journées d’orages, c’était encore pire, souligne l’ex-bibliothécaire de Dinan, Loïc-René Vilbert. Dès 1781, l’aménagement du Grand-Chemin, l’actuelle rue du Général-de-Gaulle, déplace une partie de la circulation vers le sud de la ville et entraîne les premiers démantèlements de la muraille. Après 1783, la rue tombe dans une certaine torpeur. La paupérisation s’installe et devient importante avec le temps. Quelques métiers donnent encore un peu de vie. En 1852, l’inauguration du viaduc marginalise définitivement l’antique rue du Jerzual. Elle est complètement oubliée. »
À partir de 1930, quelques artistes trouvent un intérêt à la rue et commencent à mettre en valeur les plus anciennes maisons. Peintre et sculpteur, Jean-Patrick Poiron y a acheté sa maison-atelier en 1974.
« À l’époque, l’immobilier n’était pas cher et délabré. Les maisons étaient louées pièce par pièce et restaurées de bric et de broc. Quand nous avons acheté, dans les pièces, il y avait une gazinière et un lavabo et le jardin était une décharge », se souvient Jean-Patrick.
« Notre maison, nous l’avons achetée très peu cher. Elle était à vendre depuis dix ans. Certains acheteurs ont senti le potentiel de la rue et en ont acheté deux ou trois dans la foulée, souligne le peintre. Quelques années plus tard, des HLM ont été construits en ville, certains habitants avaient pu partir, mais d’autres moins aisés avaient dû rester dans leur misère. Je me souviens, nous étions les premiers à avoir le téléphone. Des voisins venaient souvent nous solliciter, le dimanche, pour appeler les gendarmes. L’alcool et la grande précarité provoquaient de gros dégâts. »
Et le temps a passé, les grands-mères sortaient des chaises pour discuter tout en tricotant. « Elles surveillaient les enfants qui jouaient dans la rue. C’était folklorique, mais très agréable, ça faisait petit village. »
Aujourd’hui, le Jerzual a une vraie identité dans la ville, les maisons ont été investies, en majorité par des artistes peintres, des sculpteurs, des artisans d’arts… Mais aussi par des restaurants, des crêperies, des petites boutiques de déco et de souvenirs.
Écrin architectural emblématique de la ville de Dinan, la Maison du gouverneur accueille chaque année, de juin à septembre, des artistes.
Construite à la fin du XVe siècle, cette imposante maison à pans de bois était à l’origine la propriété d’un riche marchand de toiles. Il habitait au premier, sa boutique et son atelier étaient installés au rez-de-chaussée. Elle a ensuite appartenu à Anne Nicolas Botherel de la Bretonnière, gouverneur de Dinan et de Léhon, mais il ne l’habita pas car elle se trouvait hors des remparts. L’ensemble de la maison est classé au titre des Monuments historiques depuis 1938. Restauré dans les années 1950, l’édifice conserve des éléments architecturaux remarquables, qui en font aujourd’hui un lieu atypique pour les expositions d’art contemporain.
Visité en 2026.
Rue du Vieux-Pont et rue du Jerzual, 22100 Dinan
Accès libre
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