Durant la deuxième moitié du XVe siècle, plusieurs partis se disputent la couronne ducale de Bretagne. Ce conflit est à l'origine de la guerre qui durera de 1465 à 1491. En 1488, le duc François II, craignant la prise de Dinan, ordonne la destruction de la première église Saint-Malo qui se trouvait en dehors des limites de la ville pour qu’elle ne puisse pas servir de point d’appui à l’armée française pour attaquer la ville. Il donne alors son accord pour financer une nouvelle église à condition qu'elle soit reconstruite intra-muros.
Fin juillet 1488 la ville assiégée capitule et en aout, Jean II de Rohan (illustration), premier baron de Bretagne mais allié de la France, prend le contrôle de la ville. Il reprend à son compte le projet de reconstruction de l'église Saint-Malo à l'intérieur des remparts.
Désireux de récupérer la couronne ducale, il veut que cette église soit représentative de son pouvoir. Il décide alors de financer l’achat du terrain et les travaux. En 1505, Jehan Lemaître, successeur de Guillaume Juhel, se rend à Coutances afin d'examiner l'église Saint-Pierre de Coutances récemment terminée. Il s'inspirera de cette visite pour terminer la partie haute du chœur de l'église. En 1508, le financement de l'église est repris par la Duchesse Anne, puis par le roi Louis XII. Ces dons ajoutés à ceux des fidèles de la paroisse Saint-Malo permettent de terminer le chœur, les murs du transept et le vaisseau central de la nef. Le clocher (sans sa flèche) est construit en 1517.
Les chapelles nord n'auraient été construites qu'au milieu du XVIe. Le manque d'argent, les guerres de religion et l'occupation de Dinan par les Ligueurs suspendent les travaux. En 1597, un magasin de poudre situé tour Saint-Julien explose et l'église est endommagée. Durant la Révolution, l'église est désaffectée et se dégrade fortement. Elle sert de halle aux blés, d'écurie, de salle de spectacle et de caserne. La plupart des marques nobiliaires présentes dans l'église sont martelées conformément aux consignes de la Convention. Tous les vitraux sont détruits.
L'église est rendue au culte en 1803 mais les réparations à entreprendre sont trop lourdes et la municipalité propose alors la fermeture de l'église. L'église n'est toutefois pas fermée et durant la première moitié du XIXe, diverses solutions sont proposées qui vont de la reconstruction des deux chapelles de la nef à la construction d'une nef complète. C’est finalement cette dernière solution, même si c’est la plus onéreuse, qui est choisie grâce à l'aide de l'État, de la municipalité et des dons des paroissiens. Les architectes néo-gothiques Alphonse Guépin, de Saint-Brieuc et Charles Aubry, de Dinan reprennent le chantier en respectant le plan originel. Ils s'appuient sur les fondations du XVe siècle pour la reconstruction de la nef et du portail occidental. La flèche du clocher ne sera, par contre, jamais construite.
L'édifice, de dimension 76,50 m x 44,10 m, est caractéristique du gothique flamboyant ou tardif en Bretagne et en particulier du style Beaumanoir. Toute la partie est (chœur et transept) ainsi que le vaisseau central de la nef datent des XVe et XVIe siècles (gothique flamboyant), le porche triomphal côté Grand' Rue, du XVIIe (Renaissance) et les bas-côtés de la nef, du XIXe (intérieur et extérieur néo-gothiques mais respectant le style flamboyant original).
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1907.
Visitée en 2026 (également années 70 et 80).
Rue du Chanoine Meinser, 22100 Dinan
Accès libre
Sources:
https://www.belleseglises.com/eglises/dinan---eglise-saint-malo
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Malo_de_Dinan
Mis en place après l'achèvement de la nef en 1865, les vitraux du chœur, du transept et des chapelles de la nef sont posés durant la fin du XIXe siècle, ceux des bas-côtés de la nef, durant la première moitié du XXe siècle, puis les vitraux de la chapelle axiale sont renouvelés au début de la deuxième moitié du XXe siècle. L'ensemble des vitraux témoigne de l'évolution de cette production artistique du XIXe et XXe siècles.
Les burettes sont deux flacons utilisés pour la célébration de l'Eucharistie dans la liturgie catholique. Généralement placés sur un plateau, l'un contient le vin qui servira durant la consécration, et l'autre de l'eau.
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