L’histoire du site du château d’Angers est particulièrement riche et a modelé son architecture jusqu’au monument que nous connaissons aujourd’hui. Des vestiges de la Préhistoire à la construction de la galerie du XXe siècle, en passant par l’évocation du somptueux palais comtal roman, la construction de la puissante enceinte du XIIIe siècle ou encore les bâtiments raffinés de la fin du Moyen Âge et les transformations de l’enceinte au XVIe siècle, c’est à un véritable voyage dans le temps que vous invite cette visite.
La construction de la forteresse (celle que l’on visite aujourd’hui) à partir de 1230 va définitivement englober les bâtiments du palais comtal. La proximité immédiate de la Bretagne hostile et les qualités défensives du site d’Angers conduisent Blanche de Castille, mère de Saint Louis, à y construire une véritable citadelle au faîte de l’architecture militaire de l’époque.
Construit au XIIIe siècle, le château domine et verrouille le cours de la Maine ; il intègre le système de défense de la ville, dont l’imposante enceinte est édifiée au même moment pour protéger les quartiers de la rive gauche de la rivière, ainsi que ceux de la rive droite (« outre Maine » d’où le nom du quartier : la Doutre). Il s’agit d’un chantier royal avec des moyens considérables. On y met en œuvre un mélange de matériaux : calcaire, grès et schiste ainsi que le tuffeau pour les parements intérieurs. Certaines pierres font plus de 2 m de long et certains blocs de schiste pèsent de 600 à 700 kg. Si ces matériaux peuvent venir de loin, le creusement des fossés et la création de l’escarpe*, côté Maine, ainsi que les carrières de Saint-Nicolas, devenues depuis l’étang du même nom, situées à un peu plus d’un kilomètre en aval du château sur la rive droite, ont permis de compléter les besoins en schiste.
L’enceinte du château, avec un périmètre de plusde500metdix-septtoursde11à13m de diamètre, accentue la puissance qui se dégage toujours de la forteresse. Deux portes permettaient de pénétrer dans le château. Au nord, la porte de Ville (n° 1), par laquelle le visiteur entre de nos jours, et au sud la porte des Champs (n° 9), au nom bien significatif, qui garantissait à la forteresse un fonctionnement autonome par rapport à la ville. Deux herses consécutives en barraient l’entrée. L’une d’elle est d’ailleurs encore en place : c’est la plus ancienne herse datée en France (C. 1370-1380).
Deux assommoirs*, renforcent la protection de l’accès. Les archères qui strient les façades des tours (bien que l’envergure semble insuffisante pour le déploiement de l’arc) ont de l’extérieur un effet dissuasif. Leur adaptation aux armes à feu les rend plus efficaces.
Cette architecture militaire élaborée, la puissance qui en émane, rendent la forteresse d’Angers quasi imprenable selon les techniques de siège de l’époque.
Aux XIVe et XVe siècles, les ducs d’Anjou, Louis Ier, Louis II et le roi René, qui sont par ailleurs comtes de Provence et revendiquent des territoires italiens, habitent par intermitence le château d’Angers. Ils y installent une cour fastueuse. La grande salle comtale est percée de grandes fenêtres rectangulaires à meneaux et divisée en deux niveaux.
La chapelle, dont la nef unique est couverte de voûtes gothiques angevines, est achevée vers 1410.
On y trouve un petit oratoire chauffé, à l’origine très richement sculpté, qui permet aux ducs d’assister aux offices au chaud et sans se mêler aux autres fidèles.
Le roi René fait construire vers 1440 le logis royal qui prend place entre une aile d’apparat située le long de la Maine (maintenant disparue) et la chapelle. Ce logis comporte sur trois niveaux deux grandes salles doublées au nord d’une galerie. L’escalier en vis qui dessert les étages s’achève par une superbe voûte d’ogive en palmier. Le 1er étage était occupé par la chambre à coucher du duc puis sa chambre de retrait.
Des espaces encore plus intimes comme une étude, un oratoire et des latrines prenaient place dans des tourelles en saillies sur la façade sud. Le second étage était réservé à la duchesse. Le châtelet est édifié vers 1450 pour fermer la cour seigneuriale. Des bâtiments annexes au sud et à l’ouest, détruits, sont maintenant remplacés par la galerie de la tapisserie de l’Apocalypse. En 1480, le roi René meurt sans descendance. Louis XI rattache alors l’Anjou au domaine royal.
En 1562, on décide d'adapter le château aux nouvelles techniques de guerre. L'architecte Philibert Delorme est chargé des plans des travaux qui seront réalisés par Jehan de l'Espine. Des terrasses d'artilleries sont établies au sud, côté cour, et derrière le rempart nord, entre la porte et le logis du gouverneur, où sont encastrés des boulets. Un bastion avancé est construit en avant de la porte des champs. Les fossés sont une nouvelle fois élargis.
En 1585, en pleine guerre de religion, les catholiques et les protestants se disputent le château. Henri III donne alors l’ordre de le raser afin qu’aucun des partis ne puisse l'utiliser contre lui. C'est au gouverneur du château, Donadieu de Puycharic, de mener la démolition à bien. Les tours sont décoiffées et le couronnement est abattu. La démolition est lente : les travaux sont suspendus à six reprises, puis finalement abandonnés à la fin des luttes. La grue de démolition restera en place jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. En 1595, de nouvelles terrasses d'artillerie sont aménagées, puis certaines meurtrières sont changées en canonnières.
Le château est encore utilisé en 1648 quand les bourgeois d'Angers se révoltent contre le gouverneur, puis de nouveau pendant La Fronde. Le château est alors utilisé comme prison d'état et maison de retraite pour invalides. En 1661, Louis XIV ordonne à d'Artagnan d'arrêter Nicolas Fouquet, le surintendant des finances que le roi soupçonne d'avoir détourné douze millions de livres au Trésor Royal. Après son arrestation au château de Nantes, Fouquet est conduit au château d'Angers où il réside trois semaines. Au cours du XVIIIe siècle, une garnison modeste commandée par un lieutenant du roi y est hébergée, le château commence à souffrir du manque d'entretien.
Il est par la suite transformé en prison, puis en garnison et dépôt de munitions pendant la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1954, il héberge la tenture de l'Apocalypse (inscrite au registre Mémoire du monde de l'UNESCO).
Classé Monument historique depuis 1875.
Visité en 2026.
2 Promenade du Bout du Monde, 49100 Angers
Accès payant
Sources:
https://www.chateau-angers.fr/agenda/histoire-et-architecture
L'enceinte fortifiée construite à l’instigation de Saint Louis à partir de 1230 est flanquée de dix-sept tours à archères érigées avec un appareil alternant schiste et assises de tuffeau. Les tours, dont deux porteries à deux tours, sont hautes d'une trentaine de mètres, larges d'environ dix-huit mètres et reliées entre elles. Une dix-huitième tour, la tour Guillon, démolie en 1832, située en dehors de l'enceinte, vers la Maine, servait à l'approvisionnement du château. Durant la Révolution, les tours ont été rognées. Les remparts d'une longueur d’environ 800 m de long closent une surface de 25 000 m2. Du côté nord, vers la rivière, l’abrupt du plateau est tel que les architectes n’ont pas jugé nécessaire de compléter les défenses.
Le roi René est un véritable passionné de botanique et de viticulture. Il acclimate en Anjou le muscat, la rose de Provins, le micocoulier, le mûrier, l’abricotier et les anémones. Il a été un pionnier du végétal en Anjou.
À l'intérieur du château, s'élève la chapelle construite à la demande de Yolande d'Aragon, épouse de Louis II d'Anjou. Sa construction débute en 1405 et s'achève en 1413. Elle est dédiée à saint Jean-Baptiste. Avec sa nef unique rectangulaire et ses trois travées de voûte à l'angevine, elle témoigne du style architectural du gothique angevin. L'édifice large (22,85 mètres de long et 11,90 mètres de large) et peu élevé (14,90 mètres sous voûtes) présente en ce début du XVe siècle, un décor typique du gothique international (nervures prismatiques, base en bouteille).
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