À l’île d’Yeu (Vendée), la Fête des fleurs est désormais devenue un rendez-vous incontournable. Organisée de façon bisannuelle, l’événement rassemble des milliers de spectateurs dans une ambiance festive. A l'origine elle consistait à faire le tour de l'île, en groupe, déguisés pour visiter, dans la bonne humeur, tous les villages.
Ainsi, la fête prend d’abord racine dans le rythme liturgique catholique, car, jusqu’en 1960, la religion cadençait la vie locale. La période de Carême, qui prépare à Pâques, était un temps de pénitence, et commençait le mercredi des Cendres. La veille, à Mardi gras, après tout un périple, on brûlait le Père Mathurin, un colosse en paille aux poches remplies de pétards.
Alors que le Carême dure 40 jours, une pause était faite pendant la période avec un grand défilé de chars. Des photos montrent des personnes grimées et costumées, qui défilaient sur de simples charrettes, puis des plateaux de plus en plus imposants tirés par des véhicules à moteur. Quand l’heure fut aux concours de beauté et aux prix, reine et demoiselles d’honneur se pavanèrent sur des chars rehaussés de décors en carton. Un bal complétait le spectacle. Le premier char en fleurs apparaîtra en 1966, mais c’est en 1969 que la formule actuelle verra réellement le jour, avec 17 chars fleuris qui défileront sur l’île.
La manifestation d’aujourd’hui associe deux fêtes qui ont disparu : la Mi-Carême et la procession de la Fête-Dieu, précise Jean-François Henry. En effet, au mois de juin, l’église organisait d’imposantes processions au Port et au Bourg, où défilaient clergé, enfants de chœur, communiants et fidèles, sur un sol décoré de pétales et de sciure colorée, cerné par des façades pavoisées.
D’année en année, la créativité a donné de nouvelles couleurs à ce carnaval, avec parfois des références à l’actualité. Suite à un pari, la guerre du Golfe a inspiré la venue de chameaux, qui ont d’ailleurs tout mangé sur leur passage. Longtemps, l’intensité festive a permis d’exorciser les épreuves. Aujourd’hui, elle continue de fédérer la communauté autour d’un projet commun.
Le défi : mobiliser la population sur la durée. Après un arrêt en 1997, la création de Manifes’île, sous la houlette de Cédric Mousnier, redonne l’impulsion. Pour éviter l’essoufflement, l’association a instauré un rythme bisannuel, supprimé les prix, sources de discordes, et motivé de nombreux bénévoles attachés à la transmission. Et si la fête peut évoquer celle de Saint-Macaire-en-Mauge ou des Jonquilles à Saint-Étienne-de-Montluc, elle reste bel et bien unique à L’Île d’Yeu.
Oya-Films a contribué, en 2024, à Une certaine histoire de la fête des fleurs : un jour sans fin (à visionner en ligne).
Le cap du millier de participants est atteint le 27 mai 2012, les ilais et les ilaises surtout les jeunes se sont mobilisés en masse pour aligner 24 chars tous magnifiques. L'école de SAMBA de Nantes : CORACAO DO BRASIL (troisième participation) ouvrait le défilé et mettait le feu au port noir de monde. Tandis qu'en fin de cortège les 45 musiciens d'AMICAL MUSIC de Vieillevigne-La Planche terminaient magistralement ce somptueux défilé. Malgré une arrivée plus tardive que prévue 23H au lieu de 22 H, 15 000 personnes s'entassaient sur le port plein à craquer, mais quelle ambiance!!
En 2026, jusqu'à tard dans la nuit, c'était de la folie!
Le 24 mai 2026. 85350 Port-joinvile L’Île-d’Yeu
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