Perché sur son éperon rocheux, le Château de Commarque semble veiller sur la vallée de la Beune depuis des millénaires. Situé entre Sarlat et Les Eyzies, ce lieu magique vous invite à un voyage captivant à travers le temps. Construit au XIIe siècle pour protéger l’abbaye bénédictine de Sarlat, Commarque a été le témoin de l’histoire mouvementée du Périgord noir, des premiers hommes préhistoriques aux familles nobles qui ont façonné son destin.
Campé sur un roc à flanc de coteau, le château est naturellement défendu sur les côtés nord et est par un ravin. Sur les autres cotés, un fossé profond a été taillé dans le rocher ; les tours et donjon y ont été installés afin d'en interdire l'accès.
La forteresse proprement dite est située à la pointe du rocher, formant un quadrilatère et comprenant un double donjon, un corps de logis et une grande salle et sa petite tour d’escalier ronde. Isolé du reste du site par de profonds fossés taillés dans le rocher, il était accessible par la barbacane du XIIIe siècle et le ravelin du XIVe siècle.
Sous sa protection on a construit, à flanc de coteau, de riches logis. Côté plateau, un fossé et une basse-cour protègent ses abords.
Côté vallon, le castrum était défendu par un ouvrage consistant en une enceinte de courtine avec une grosse tour près de la porte. Au-dessus de la porte se trouve la chapelle.
À l'extérieur du castrum, dans la falaise située sous le château, se trouvent deux cluzeaux : habitations creusées et aménagées dans la falaise qui servaient de refuge contre les envahisseurs. À l’intérieur cohabitaient hommes et animaux comme le montrent l'étable et la bergerie creusées à côté des salles d'habitation.
Les cluzeaux: Ce sont des souterrains-refuges, aménagés sous le sol, parfois sous un bâtiment. Ils comportent un escalier descendant étroit et une ou plusieurs chambres. On peut distinguer des dispositifs de fermeture, des trous de visée, des conduits, des chausse-trappes, des silos, des aménagements divers.
La chapelle et le château de Laussel en arrière-plan.
le château de Laussel (depuis la tourelle du donjon et des cluzeaux).
Le château et son donjon.
Fondé au cours du XIIe siècle ou avant, sur la demande des abbés de Sarlat, le château de Commarque, qui n’est alors qu’une simple tour de bois, doit à l'origine assurer la sécurité de la vallée qui voit le croisement de deux routes commerciales importantes de la région : la route de Périgueux à Cahors et celle de Brive à Bergerac.
Gérard de Commarque a commencé la construction d'une version agrandie, puis entre chez les Chevaliers Hospitaliers en 1116 comme l’un de ses premiers membres et part pour Jérusalem dans les croisades, faisant don de ses biens aux hospitaliers. Au XIIe siècle il existe une agglomération, un donjon avec un logis, une chapelle indépendante et des maisons-tours : c'est le castrum de Commarque semi-troglodytique. Progressivement, après que la famille de Beynac s'est rendue maîtresse du château, la tour en bois est remplacée par un donjon en pierre plusieurs fois rehaussé, en particulier en 1380, et couronné de mâchicoulis. Ainsi, les seigneurs du lieu, les Beynac, logeaient dans le donjon seigneurial.
Plusieurs autres tours sont ensuite construites, accompagnées à chaque fois d'un logis. Les maisons-tours sont tenues par des lignages de petite noblesse dont quelques noms sont connus : les Commarque, les Cendrieux, les Gondrix, les La Chapelle, etc. Chaque maison-tour est constituée d’un enclos, d'accès propres et de fossés.
Pendant la guerre de Cent Ans, les Beynac restent les défenseurs fidèles de la couronne de France. Les Anglais s'emparent cependant du château en 1406 et le conservent pendant quelques années. Le déclin de la famille de Beynac date de cette époque. Dans les années 1500, il semble que le castrum soit déjà déserté par les anciennes familles résidentes. Plus tard, en 1569, le castrum est à nouveau pris pendant les guerres de Religion par les catholiques. C'est sans doute à cette époque que s'est effondrée la salle voûtée.
Guy de Beynac, dernier châtelain de Commarque, y meurt en 1656. Le site est abandonné définitivement au XVIIIe siècle. Un siècle plus tard, le château est en ruine.
En août 1915, l'abbé Henri Breuil découvre la grotte préhistorique de Commarque au pied de la falaise qui soutient le château.
Avant la Première Guerre mondiale, les ruines du château sont achetées pour servir de carrière de pierres pour construire les ailes néogothiques d'un château situé près de Sarlat.
Le château tombe dans l'oubli puis est racheté dans les années 1900 par un allemand, le prince de Croÿ, qui a de nombreux héritiers, ce qui fait qu'Hubert de Commarque met dix ans pour l'acquérir dans les années 1960. En 1968, Hubert de Commarque qui a grandi au château de la Bourlie, descendant de la famille de Commarque et fils d'un résistant déporté à Buchenwald, achète les ruines. Le site est, à l'époque, entièrement recouvert par la végétation. Il entreprend de consolider les parties les plus abîmées.
Depuis 1994, le château a fait l'objet de plusieurs campagnes de consolidation et de restauration. Le castrum a également fait l'objet dans les années 1990 et 2000 de deux études approfondies. Les relevés du bâti ont mis en évidence les nombreuses reprises de maçonnerie, s'échelonnant du XIIe au XVIIe siècle.
Depuis 2023, Jean et Aude de Commarque ont pris la suite de leur père.
Le château de Commarque est classé monument historique par arrêté du 2 septembre 1943.
Visité en 2026.
Route du Château de Commarque, 24620 Les Eyzies
Accès payant. L'accès au château s'effectue par un chemin empierré, puis par un sentier d'environ 600 m à travers bois. Cet accès est si peu aisé qu'on lui donne le nom de « Forteresse oubliée ».
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Commarque
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cluzeau
https://commarque.com/visite-fort-troglodyte-dordogne-commarque-chateau/
Aux pieds du château:
Les Vikings, ces redoutables conquérants venus du Nord, naviguaient sur leurs navires, semant la terreur lors de leurs raids dans la région de la Dordogne.
Le Peuple des falaises choisit de se réfugier dans des habitats troglodytiques, spécifiquement les cluzeaux, des abris fermés, taillés dans la roche. Les cluzeaux, dont le nom dérive du latin clusae, signifiant “abris fermés”, étaient bien plus que de simples refuges.
Les cluzeaux sont des formes spécifiques d’abris troglodytiques où la notion de protection primait ! Dès le IXe siècle, ces grottes naturelles en hauteurs furent travaillées par la main de l’homme pour devenir de véritables habitats. Les villageois venaient s’y installer avec leur bétail, source de nourriture et de chaleur, en toute sécurité, échappant ainsi aux invasions normandes, aux pilleurs et aux brigands qui ravageaient leur contrée.
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