Au début de l'occupation romaine, le site d'Argentomagus appartenait au peuple des Bituriges Cubes. Les Romains ont conquis la région vers 50 avant notre ère. La ville a atteint son apogée au cours de la période gallo-romaine des IIe et IIIe siècles.
L'agglomération antique d'Argentomagus se situe dans l'ancien territoire des Bituriges Cubes, au sud-ouest du chef-lieu Avaricum (Bourges), en Gaule Aquitaine. Elle fut, après Bourges, la seconde ville de ce vaste territoire.
Les activités agricoles, pastorales et artisanales du monde rural qui l'entourait, l'exploitation des forêts, des carrières de pierre, d'argile, et du minerai de fer ont assuré sa prospérité. L'importante activité métallurgique d'Argentomagus fit d'elle au début du IVe siècle une fabrica armorum omnium (manufacture d'armes de toutes natures), l'une des neuf fabriques officielles recensées en Gaule.
La densité du réseau routier qui convergeait à Argentomagus fut un vecteur économique déterminant pour acheminer, diffuser et redistribuer, tant la production locale que les produits importés. L'urbanisation du site, à partir d'un substrat indigène, témoigne de l'évolution rapide d'Argentomagus dès le Ier siècle de notre ère : l'agglomération s'étend au nord de l'oppidum gaulois, se structure autour de rues et d'îlots (insulae) plus ou moins carroyées, se dote d'un centre monumental (forum, basilique), se pare d'édifices publics (temples, fontaine, théâtre, amphithéâtre) pour atteindre son apogée au IIe siècle. Le site est occupé jusqu'à la fin du IVe siècle avant d'être abandonné. Sa population se dissémine alentour, notamment en contrebas dans le quartier Saint-Etienne en rive de Creuse.
Les premières recherches sur l'agglomération antique datent de 1566 avec une description de la partie encore visible des lieux par Jean Chaumeau. Mais les premières fouilles ne sont réalisées qu'en 1820 à la demande du préfet de l'Indre.
On trouve comme vestiges :
- l'oppidum ;
- les thermes ;
- le pont romain ;
- l'amphithéâtre (non fouillé);
- le théâtre, qui pouvait accueillir 6 à 7 000 spectateurs ;
- les remparts ;
- les temples ;
- la fontaine monumentale de forme carrée, à laquelle on accède par deux escaliers ;
- la nécropole ;
- la maison de Quintus.
Un musée construit directement sur le site antique propose un voyage de plus d'un million d'années, des temps préhistoriques jusqu'à la fin de l'époque romaine.
De nombreux sites gaulois et gallo-romains, tels que ceux d'Argenton-les-Vallées (département des Deux-Sèvres), d'Argenton-l'Église, Argentonnay, Argenton-Notre-Dame (dans la Mayenne), Argenton (département de Lot-et-Garonne), ou encore Argentan (dans l'Orne), possèdent la même racine toponymique. Le site protohistorique, puis gallo-romain d'Argentomagus (civitas des Bituriges Cubi), procède de ce type et dérive du gaulois Argantomagos, littéralement « marché de l'argent ». Jean-Marie Pailler établit ainsi, en particulier pour le site de l'Orne et celui du Cher, un lien direct entre ces noms de lieux et la quantité de monnaies gauloises et romaines que les fouilles y ont mise en évidence.
L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques le 5 avril 1990.
Visité en 2026.
Les Mersans - BP 6 36 200 Saint-Marcel
Accès libre
Sources:
château d’eau (castellum)
Le mur de soutènement : Durant la première moitié du Ier siècle de notre ère, un imposant mur à contreforts a été édifié directement dans l'ancien fossé de l'oppidum gaulois. Ce mur servait à soutenir une plateforme artificielle et à maintenir une voie de circulation.
les fouilles de 2026
la fontaine monumentale de forme carrée, à laquelle on accède par deux escaliers
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