Les théâtres gallo-romain d'Argentomagus

Au Ier siècle, c'est le ballet tragique de la pantomime et le rire du mime qui règnent sur les scènes romaines, ravissant le public et honorant les dieux. Car c'est toujours à l'occasion d'une fête religieuse que l'on se rassemble au théâtre et que le spectacle est donné. Ce patronage divin se manifeste à l'intérieur de l'édifice par la présence d'autels ou de statues et souvent à l'extérieur, par la construction d'un temple d'où le dieu contemple les jeux qui se déroulent sous ses yeux.

En construisant un théâtre maçonné, Argentomagus affirmait sa primauté à l'intérieur du réseau des agglomérations secondaires bituriges. Le premier théâtre correspond au moment où les notables gallo-romains passaient commande d'édifices en pierre à des architectes qui tentaient d'adapter les plans romains au budget des petites villes et aux besoins du public. La première version du monument ne présentait qu'un seul mur maçonné. A l'intérieur, des gradins en bois s'alignaient sur la pente naturelle du coteau.
Trop petit, on construisit un second mur d'enceinte, ce qui permit de gagner en haut cinq gradins. C'est à la fin du Ier s. que la ville équipa son théâtre de gradins en pierre.

Le premier théâtre est construit sous le règne de Tibère ou vers le milieu du Ier siècle mais il est fortement remanié quelques décennies plus tard. Au début de la seconde moitié du IIe siècle, il est soigneusement démonté, la plupart de ses matériaux étant utilisés pour la construction d'un nouveau monument au même emplacement, mais sur un plan plus vaste.

Le premier théâtre dont la cavea en forme de fer à cheval est adossée à la pente, mesure un diamètre de 61 m. Les parties maçonnées semblent se limiter au mur périmétral, les spectateurs étant sans doute assis sur des gradins de bois ou à même le talus engazonné. La forme irrégulière du monument est due au fait qu'il est construit en épousant au maximum les irrégularités de terrain, avec un minimum de terrassements.

Le remaniement du théâtre, quelques décennies plus tard, consiste surtout en la construction de gradins en pierre au niveau de la cavea, le mur étant percé, à mi-hauteur de la cavea, d'une ouverture de chaque côté faisant office de vomitoire. Deux autres vomitoires rayonnants desservent la partie haute du monument. Le plan général reste le même et aucun vestige d'un dispositif scénique n'est retrouvé, qu'il soit réellement absent dans cette configuration ou qu'il ait disparu.

Vers le milieu du IIe siècle, le théâtre semble en mauvais état. Plutôt que de le réparer, le parti est pris de le démonter pour en reconstruire un autre au même emplacement en profitant toutefois, semble-t-il, de certaines structures dont l'emplacement s'accorde avec le nouveau plan prévu. Lors de cette opération, tous les blocs de grand appareil (gradins, escaliers) sont soigneusement récupérés et les substructions recouvertes de sable. La partie basse de la cavea est recreusée et les terres utilisées pour remblayer la partie haute, agrandie. Les gradins sont reconstruits sur cette nouvelle pente plus uniforme et la nouvelle cavea, aux contours plus réguliers, atteint un diamètre de 85 m. Quatre vomitoires rayonnants facilitent l'accès aux gradins.

L'orchestra, nettement identifiée, est en forme d'ellipse tronquée par le mur de scène. Un bâtiment de scène est construit au centre de ce mur qui comporte, par ailleurs, deux ouvertures permettant aux notables d'accéder aux places d'honneur qui leur sont réservées aux premiers rangs du théâtre. Une colonnade en applique décore la façade du bâtiment.

Le site d'Argentomagus semble être abandonné à la fin du IVe ou au début du Ve siècle et une partie des matériaux du théâtre paraît être récupérée au Moyen Âge.

Le théâtre est classé comme monument historique le 23 mars 1970.

Visité en 2026.

 

Rue du Dr Alain, 36200 Saint-Marcel

Accès libre

 

Sources:

https://www.argentomagus.fr/theatre.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_gallo-romain_d%27Argentomagus

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