L' église Saint-Laurent-et-Notre-Dame de Gargilesse-Dampierre

L'histoire de l'église Notre-Dame de Gargilesse est mal connue. Celle de la famille seigneuriale de Gargilesse est mieux connue grâce aux recherches d'Eugène Hubert qui en a découvert les premières traces au Xe siècle. Au milieu du XIIe siècle, Hugues Ier de Naillac, seigneur de Naillac, du Blanc et de Gargilesse, est parti pour Jérusalem. En 1187, il transige avec André de Chauvigny et fait hommage de son château et Gargilesse.

L'église Notre-Dame de Gargilesse était la chapelle castrale. Elle était desservie par des chanoines de Saint-Augustin. Elle était comprise dans l'enceinte du château et communiquait avec lui de plain-pied par la crypte. Le château a été détruit en 1650 par les troupes royales, ce qui peut expliquer la disparition des travées occidentales de la nef. L'église paroissiale Saint-Laurent se trouvait en bas de la butte. En 1786, la paroisse Saint-Laurent a été supprimée et l'église Notre-Dame est devenue la seule église paroissiale.

D'après les données de la base Mérimée, l'église a été construite au XIe siècle. Les données archéologiques et les comparaisons stylistiques font plutôt remonter l'église au deuxième tiers du XIIe siècle, mais la construction a pu se faire en deux campagnes, le chœur et le transept puis la nef.

Toujours dédiée à la Vierge, l'origine de l'église de Gargilesse remonte au XIIe siècle, date à laquelle Hugues de Naillac, seigneur de Gargilesse, accorda une charte aux habitants de la paroisse du Pin à l'occasion de la fondation de l'église Notre-Dame. Une église Saint-Laurent aurait pu exister auparavant sur la rive gauche de la Gargilesse.

L'église possède un remarquable ensemble de chapiteaux romans, un vitrail probablement antérieur à 1165, représentant le Christ en gloire entouré du Tétramorphe, des peintures murales.

Des travaux de restauration ont été entrepris après la demande présentée par Prosper Mérimée, en février 1849. Les premiers travaux ont été entrepris par l'architecte Jules de Mérindol, qui a rétabli le sol primitif, puis l'architecte Denis Darcy (1823-1904) a réalisé l'assainissement de la crypte, Mayeux reprit les contreforts et Gabriel Brun refit la couverture.

L'église est fondée sur le sol granitique de la Creuse, mais dans un matériau calcaire importé de la région d'Argenton-sur-Creuse.

L'église comprend deux parties bien distinctes, le chevet avec abside et absidioles à pans coupés, la nef qui montre les premières tentatives de voûtement d'ogives.

L'église Notre-Dame a la caractéristique d'avoir une abside et des absidioles polygonales soutenues par des arcs de décharge brisés supportés par des colonnes situées dans les angles. Ce type de chevet se retrouve dans le Limousin, à Bellac, Cornil ou Rosiers d'Égletons. À Souillac, La Celle-Bruère, Saint-Marcel, Lubersac, Vigeois, les arcs sont en plein cintre. La particularité de l'église de Gargilesse vient de ce que les deux absidioles ont un mur commun avec l'abside donnant l'impression d'avoir un chevet à sept pans.

Le transept est peu développé et couvert d'une voûte en demi-berceau et d'une coupole sur pendentifs appareillée et percée au centre à la croisée. Il unit les différentes parties de l'édifice. Quatre passages en arc brisé permettent une circulation autour de la croisée, et relient les chapelles au chœur. Cette disposition se retrouve à Cornil, au Aix-d'Angillon, à Blet et à Véreaux. Au-dessus de la croisée, la tour carrée du clocher est enrichie d'une double arcature aux archivoltes brisées.

Le mélange de voûtements en berceau brisé et en plein cintre est caractéristique du milieu du XIIe siècle.

La nef comporte deux travées. Elle est trois marches plus bas que le transept. Le vaisseau central est plus large que le chœur. Les deux piliers occidentaux de la croisée montrent des traces d'arrêt des travaux. Il est possible que le voûtement d'ogives n'ait pas été prévu à l'origine à la construction. Les collatéraux sont étroits trahissant l'influence de l'architecture du Limousin.

Au bas de la nef à gauche, le gisant de Guillaume de Naillac, seigneur de Gargilesse, fils de Hugues II de Naillac, dont un écriteau nous rappelle qu'il prit part aux croisades et décéda, le 7 novembre 1266.

La façade ouest a été remaniée et n'est peut-être qu'un remplissage après la suppression d'une ou plusieurs travées.

L'édifice est classé au titre des monuments historiques, en 1840.

Visité en 2026.

 

36190 Gargilesse-Dampierre

Accès libre

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Laurent-et-Notre-Dame_de_Gargilesse-Dampierre

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