La cathédrale Saint-Maurice d'Angers

Au début du XIe siècle, l'évêque Hubert de Vendôme (1006-1047) fait construire une nouvelle cathédrale romane à nef unique, qui est consacrée le 16 août 1025. À peine achevé, cet édifice brûle en 1032.

L'évêque Geoffroy de Tours remet la cathédrale en état durant la seconde moitié du XIe siècle. L'autel du crucifix est béni en 1051 et le nouveau maître-autel est consacré en 1096.

Peu après, les évêques Renaud de Martigné (1102-1125) et Ulger (1125-1148) entreprennent la reconstruction de ce lieu de culte. Celle-ci se déroule progressivement sous l'impulsion notamment des évêques Normand de Doué (1148-1153) et Guillaume de Beaumont.

Normand de Doué et Guillaume de Beaumont font reconstruire la nef, ainsi que le monumental portail face au parvis. La nef unique s'inspire de celles de la cathédrale d'Angoulême et de l'abbaye de Fontevraud.

Les structures de base des murs de la nef, de style roman, ont subsisté jusqu'à mi-hauteur. Ils ont reçu au milieu du XIIe siècle des colonnes et des voûtes d’ogives : c'est la naissance du gothique angevin. La nef romane à vaisseau unique ouvre ainsi sur un transept et un chœur gothiques — ce dernier a été aménagé en débord sur l'enceinte tardo-antique de la cité.

Au XVIe siècle, l'architecte angevin Jean Delespine ajoute à la base des deux tours, la galerie des personnages représentant des chevaliers, compagnons de saint Maurice. Sur cette galerie, il fait élever, dans le style Renaissance, un deuxième niveau, ayant l'aspect d'une tourelle carrée surmontée d'un clocheton hexagonal dominé par la croix d'Anjou.

Les tours sont surmontées de deux flèches d'environ 75 mètres, celle du nord est édifiée en 1518 et celle du sud en 1523.

L'architecture de l'édifice se situe entre les styles roman et gothique. La cathédrale est un témoignage de l'art gothique angevin.

Le mobilier de la cathédrale a une fonction liturgique ; il témoigne à la fois des traditions et des évolutions de l'Église à partir de la Contre- Réforme*. Ainsi le maître-autel, lieu de la présence eucharistique, occupe une position centrale à l'imitation des deux grands modèles, le baldaquin de Saint- Pierre de Rome et celui du Val-de- Grâce à Paris. La base et les colonnes sont en marbre tandis que la partie supérieure est en chêne. Deux autres autels occupent les extrémités des bras du transept : l'un consacré à la Vierge dans le bras nord et l'autre à saint Maurice dans le bras sud. Les boiseries du choeur datent du règne de Louis XVI. Près du maître-autel, se détache la cathèdre, siège de l'évêque. Enfin, les grandes orgues, qui se situent à l'entrée, comportent un buffet décoré dans le style Louis XV et soutenu par des atlantes* colossaux. À la fin du XIXe siècle, l'illustre Cavaillé-Coll retravailla le mécanisme de l'instrument, dotant ainsi la cathédrale d'un orgue romantique et symphonique. La chaire monumentale du XIXe siècle est l'oeuvre d'un prêtre angevin, l’abbé Choyer. Les sculptures s'articulent autour des thèmes de l'Église militante (terrestre) et de l'Église triomphante (céleste). Dans le choeur, une statue de sainte Cécile, patronne des musiciens, est l'oeuvre de David d'Angers. Elle rappelle l'importance dans la liturgie de la musique sacrée comme l'atteste la pratique du chant par la maîtrise de la cathédrale d'Angers depuis la fin du XIVesiècle.

La cathédrale d'Angers possède le plus important trésor de tapisseries d'Europe. À côté de la tenture de l'Apocalypse, léguée à la cathédrale par le roi René en 1480, se trouvent aujourd'hui quatre vingt- dix pièces de tapisserie qui forment un véritable panorama de la production lissière des Flandres et de France du XVe au XVIIIe siècle. Ce trésor, reconstitué durant la seconde moitié du XIXe siècle, permet de maintenir la tradition séculaire de présentation des tapisseries dans les édifices religieux. Longtemps suspendues pour quelques fêtes annuelles, elles le sont désormais pour la saison estivale de la Saint-Jean à la Saint-Maurice. Ainsi, par roulement, une quinzaine de pièces orne les murs de la nef et du transept, respectant une logique liturgique.

La cathédrale d'Angers fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

Visité en 2026.

 

4 Rue Saint-Christophe, 49100 Angers

Accès libre

 

Sources:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Saint-Maurice_d%27Angers

https://www.angers.fr/vivre-a-angers/culture/patrimoine/angers-patrimoine/ressources/fiches-patrimoine/laissez-vous-conter-la-cathedrale-saint-maurice/index.html

Châsse contenant le sarcophage  de l'évêque Ulger

Ulger, évesque d'Angers, fut élu en 1125 et mourut le 17 octobre l'an 1149.

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