La Tapisserie de l'Apocalypse

Créée à la fin du XIVe siècle pour le duc Louis Iᵉʳ d’Anjou, l’œuvre impressionne. Avec ses 103 mètres de longueur, elle est le plus grand ensemble de tapisseries médiévales subsistant au monde. Exposée dans une galerie qui lui est dédiée dans l’enceinte même du château des ducs d’Anjou, son fin tissage et son histoire à rebondissements attirent les visiteurs.

Inscrite à l’Unesco depuis mai 2023, la tenture de l’Apocalypse est l’un des rares chef-d’œuvres en son genre à avoir traversé les siècles jusqu’à nous. Tissée il y a près de 650 ans, elle est remarquable par sa conservation et par ses dimensions exceptionnelles.

Au cœur d’une galerie feutrée, dans la pénombre qui la préserve, on découvre 67 scènes tissées dans la laine, comme une BD qui nous parviendrait depuis le Moyen Âge. Environ 500 m² subsistent de ses 840 m² d’origine et nous transportent au cœur des aventures de personnages grandeur nature. Dragons, anges, démons, villes fortifiées, femmes mystérieuses, chevaliers… La tenture de l’Apocalypse nous invite à plonger dans un récit fantastique, à mi-chemin entre mythologie chrétienne et réalité du XIVe siècle.

La tapisserie présente au public l’Apocalypse de saint Jean, dernier livre de la Bible. Malgré le fond religieux de l’histoire qu’elle déroule, le récit est ancré dans son temps, le XIVe siècle. On peut donc y faire une lecture des visions reçues par saint Jean au milieu du Ier siècle, mais aussi des informations ou des satires sur la vie politique et sociale du XIVe siècle. On y retrouve par exemple des références à l’ennemi anglais, alors qu’à l’époque la France est en pleine guerre de Cent Ans.

Cette œuvre se lit de gauche à droite et de haut en bas, comme pour une bande dessinée !

Le fait qu’elle soit parvenue intacte jusqu’à nous est en soi un petit miracle. Sans doute destinée à être exposée lors de cérémonies publiques, elle devait alors être un outil de médiation au service des ambitions politiques du duc d’Anjou, frère du roi de France Charles V. Au fil des siècles, elle connait un destin mouvementé! Léguée à la cathédrale d’Angers, puis transformée en couvertures, utilisée pour protéger des orangers ou comme doublures de rideau, elle est aujourd’hui incomplète, mais reste dans un état de conservation remarquable.

Depuis le 18 mai 2023, la Tapisserie de l’Apocalypse est inscrite au registre Mémoire du monde de l’UNESCO.

Elle rejoint la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (1789-1791), l’Appel du 18 juin 1940 du Général de Gaulle, les films des frères Lumière ou la broderie de Bayeux, dans ce prestigieux registre qui vise à sauvegarder les documents ayant une valeur patrimoniale pour toute l’humanité.

Visité en 2026.

 

2 Promenade du Bout du Monde, 49100 Angers

Accès payant

 

Sources:

https://www.destination-angers.com/tourisme/essentiel-pour-visiter-angers/chateaux-patrimoine-angers/visiter-chateau-angers/tapisserie-de-apocalypse/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tenture_de_l%27Apocalypse

Les sept Églises

Le Christ au glaive

Quatrième sceau : le cavalier au cheval livide et la mort

Deuxième trompette : Naufrage

Myriades de cavaliers

Saint Michel combat le dragon 

Septième trompette : Annonce de la victoire

Femme revêtue du soleil

Le dragon poursuit la femme

Bête de la mer

Adoration de la bête

Deuxième ange

Sommeil des justes

La cuve déborde

Les sept dernières plaies et les harpes de Dieu

Grande prostituée sur les eaux

Grenouilles

Saint Jean et l'ange

Bêtes jetées dans l'étang de feu

Satan assiège la ville

Jérusalem nouvelle

Mesure de la Jérusalem nouvelle

Fleuve coulant du trône de Dieu

Une trentaine de fragments de la tapisserie ont été inventoriés lors du premier confinement en 2020 dans le stock d'œuvres d'art d'une galerie parisienne, la galerie d'art Ratton-Ladrière. Celle-ci en était la propriétaire depuis 1924 et l'achat par Charles Ratton auprès d'un marchand d'art allemand. Après authentification des fragments par la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire et le Laboratoire de recherche des monuments historiques, la galerie décide, au printemps 2020, d'en faire don à l'État, propriétaire de la tenture. Les fragments de la tapisserie rejoignent la tenture en mai 2021 après près d'un siècle d'oubli.

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