Une domus (du latin domus, -us, pluriel domus, mot féminin signifiant « maison », « demeure ») est une habitation de la Rome antique urbaine unifamiliale. Lors des derniers siècles de la République romaine et sous l'Empire romain (Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle), ce terme désigne, avec la villa romaine, une demeure luxueuse des classes aisées, par opposition à l'insula (immeuble d'habitation de location pour les populations plus modestes).
L’opération de fouille programmée d’Argentomagus se place dans la continuité d’une longue histoire des recherches sur ce site antique. Le plateau des Mersans, qui correspond à l’oppidum protohistorique, mais aussi à l’emplacement de l’agglomération romaine, a fait l’objet de campagnes de fouilles quasi continues depuis la fin des années 1960.
Depuis 2018, les recherches concernent l’étude stratigraphique et architecturale du temple 4, de son parvis et d’une probable domus dite de Quintus Sergius Macrinus, faisant référence à une dédicace découverte dans le bâtiment et mentionnant le financement par le citoyen romain d’un nouveau temple de Mercure. Il s’agit aussi de définir le lien entre ces bâtiments voisins et d’étudier les pratiques religieuses qui les animaient. La campagne 2023, dernière année d’un programme triennal, concernera trois secteurs de fouille. Le secteur 6 a pour objet l’étude d’un petit bâtiment rectangulaire implanté sur le parvis du temple 4. Les premiers éléments recueillis permettent de supposer une datation de cet édifice entre le IIIe et le IVe siècles. La présence d’activités métallurgiques est suggérée par l’importante quantité de déchets de forge du fer au sein des niveaux d’occupation. La raison de l’implantation de ces activités à proximité de l’entrée du temple pose question : chantier de construction, production en lien avec les cultes... Au sein de la cour à portiques de la domus (secteur 5), la fouille se concentrera sur l’étude d’une possible citerne en position centrale et de son lien avec le réseau hydraulique de l’édifice.
Installation de la plate-forme et construction de la domus à contreforts:
Du fait de la rénovation du musée, d'importants travaux sont réalisés, l'intégralité des façades extérieures a été transformée et une nouvelle sortie doit être aménagée sur la façade est du musée. Depuis 2012, des fouilles programmées sont menées chaque été dans l'objectif d'étudier les vestiges impactés par cet aménagement. Ces opérations, concernant une superficie d'environ 230 m², ont permis de mettre au jour un habitat installé sur une plate-forme édifiée dès la première moitié du Ier siècle de notre en bordure sud de fossé de l'oppidum.
Ces travaux sont l'occasion de pouvoir observer et identifier sur une plus large étendue les vestiges monumentaux qui ont été en partie mis au jour et fouillés lors des fouilles de sauvetage pour la construction du musée entre 1983 et 1988 sous la direction de Gérard Coulon. Si certaines questions subsistent encore quant à l'interprétation de ces vestiges bâtis dans le fossé de l'oppidum, les fouilles ont permis de préciser la chronologie de ce secteur.
Installée dans le fossé de l'oppidum, parallèlement au bord sud, un imposant mur à contreforts est édifié dans le courant de la première moitié du Ier siècle de notre ère afin de soutenir une plate-forme. Cet aménagement a permis la construction d'une maison le long d'un axe de circulation est-ouest aux alentours de la seconde moitié du Ier siècle de notre ère. Le bâtiment est composé de deux pièces munies de sols en béton lissé et d'une cave. Entre ce dernier et le mur à contreforts, une terrasse, qui permettait d'avoir une vue sur le fond du fossé, est aménagée. Les raisons de conserver le fossé ouvert restent non résolues, mais la présence d'un édicule et d'une statuette, découverts dans les années 80, laisse supposer que le fossé n'a pas été comblé pour des raisons cultuelles.
Observable sur une majeure partie des vestiges situés sur l'emprise, c'est au cours de la fin du Ier-premier quart du IIe siècle qu'un phénomène d'effondrement s'opère sur l'ensemble de la structure. Par la suite, le bâtiment subit de nombreuses réfections. L'axe de circulation en façade du bâtiment est agrandi au détriment des pièces aux sols en béton lissé qui sont réduites. La cave est réaménagée et le seuil donnant accès à la terrasse est restauré. Peu de changement se manifeste durant le IIe et le IIIe siècle, hormis l'installation d'un puits sur la terrasse.
À la fin du IIIe-début du IVe siècle, au moment du comblement du fossé de l'oppidum, le bâtiment a subi des réaménagements et semble être réutilisé comme un atelier dédié à la sidérurgie.
Dans l'une des pièces est placé un fût de colonne, réutilisé comme enclume, et une grande fosse de rejet est située dans l'autre. Durant cette phase une grande structure de combustion quadrangulaire, de 4,50 m par 2,50 m, est également creusée sur la terrasse au nord-est du bâtiment. La fouille des niveaux supérieurs de cette structure a permis de mettre au jour un dépôt de vaisselle.
Cette structure de combustion, interprétée ainsi compte tenu des aménagements de pierres rubéfiées, niveaux charbonneux, etc., mis en évidence partiellement pour l'instant, semble être abandonnée et comblée volontairement au tout début du IVe siècle, d'après l'étude du mobilier céramique et du dépôt. La fin du IVe siècle est essentiellement représentée par la présence de fosses de récupérations, avant un abandon total suivi d'un nivellement du secteur qui s'opère au-delà du IVe, voire au début du Moyen Âge.
Le service à vin trouvé dans la domus à contrefort:
Composé de quinze pièces, cinq en céramique et dix en alliage cuivreux, les éléments constitutifs sont caractéristiques d'un service à vin de l'Antiquité. Bien que son étude soit encore en cours, les premiers résultats, tant par la réussite d'une nouvelle méthode d'analyse chimique que par la rareté de certaines pièces du dépôt, sont encourageants. En effet, si plusieurs formes sont connues et similaires à d'autres en Gaule et dans le monde romain, certains décors, tel celui de l'anse du pot, représentant Hercule se reposant sur sa massue et probablement Télèphe son fils, nourri par une biche ou encore le décor du médaillon d'un des plats sur lequel figure un griffon, n'ont pour l'instant pas de parallèles. Durant l'hiver 2014, des analyses aux fluoX ont été réalisées, permettant de déterminer avec précision les alliages composant les différentes pièces du dépôt (hors céramique).
Visité en 2026.
Les Mersans, 36200 Saint-Marcel
Accès libre
Sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Domus
https://www.inrap.fr/argentomagus-saint-marcel-les-mersans-musee-est-4837
Le « chien dans la cruche » est une sépulture animale inédite mise au jour lors des fouilles de la domus. Cette sépulture est datée de la fin du IIIe siècle ou du début du IVe siècle de notre ère.
Sous le Musée, la vaste crypte archéologique vous révèlera un spectaculaire ensemble architectural présenté sur le lieu même où il fut mis au jour.
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