La cathédrale Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Soissons

Fondée vers la fin du Ier siècle avant J.-C., la ville d’ « Augusta Suessionum », actuelle Soissons, est évangélisée par saint Crépin et saint Crépinien, qui y subissent le martyre vers la fin du IIIe siècle ou dans les premières années du IVe siècle, selon les auteurs. Tandis que cessent les persécutions et que le christianisme gagne du terrain, les deux premiers évêques de Reims, saint Sixte et saint Sinice, découvrent en 314 les restes de saint Crépin et saint Crépinien et confient alors la charge du nouvel évêché de Soissons à leur neveu Divitien.

 Toutefois, les origines de la cathédrale demeurent floues, la première mention attestée n’est pas antérieure au VIIe siècle. Plusieurs édifices se succèdent. L’abbé Suger lance en 1140 à Saint-Denis un vaste chantier qui marque la naissance du gothique ; à Soissons, l’abbé Nivelon de Quierzy débute le chantier de la cathédrale de Soissons par le bras sud du transept en 1175. Celui-ci s’articule sur quatre niveaux, caractéristique du gothique primitif : grandes arcades, tribunes, triforium et fenêtres hautes. Le chantier soissonnais se poursuit avec le chœur édifié entre 1190 et 1212. S’organisant sur trois niveaux grâce à la maîtrise des arcs-boutants, il atteste de la transition vers le gothique classique. Le chantier avance et l’approvisionnement en matériaux se fait facilement car la pierre est abondante dans la région. Le long vaisseau de la nef élevé au XIIIe siècle s’articule aussi sur trois niveaux d’élévation. Le chantier ensuite est moins actif, la façade n’est jamais achevée et un seul clocher est finalement construit.

La grande façade occidentale est relativement dénudée et fort dissymétrique avec une seule tour sur la droite du côté sud. Mais c'est loin d'être la plus belle partie de l'édifice. Encore mal connue du public, la cathédrale de Soissons est riche de plusieurs grands chefs d'œuvre de l'architecture gothique du Moyen Âge : le bras sud de son transept d'abord, joyau du sanctuaire, est un pur chef d'œuvre du gothique primitif ; le chœur en est un autre, mais du style lancéolé ; le bras nord du transept enfin et sa magnifique verrière doivent être considérés comme un des sommets de l'art gothique rayonnant.

Le XVIIe siècle constitue à Soissons un renouveau artistique dont l’évêque Simon le Gras est un des acteurs. Il sacre le roi Louis XIV en 1653, en l’absence de l’archevêque de Reims, privilège accordé aux évêques de Soissons. Il est aussi à l’origine de la commande du plus célèbre des tableaux de la cathédrale dans les années 1620, l’Adoration des Bergers de Pierre-Paul Rubens. Ce tableau de grande dimension mis en valeur dans un cadre doré du XVIIIe siècle est visible dans le bras nord du transept. Les efforts se poursuivent au XVIIIe siècle avec l’aménagement du chœur, un nouveau pavement, des grilles de clôture, une grande sacristie…

Les destructions importantes subies par la cathédrale lors de la Première Guerre mondiale vont être l’occasion de renouveler son patrimoine mobilier avec des décors en pierre gravées ou en orfèvrerie. Louis Barillet figure en bonne place dans le transept nord de la cathédrale avec une gravée plaque commémorative pour les morts de la paroisse (1924). Un reliquaire de saint Crépin et Crépinien offert par l’évêque de Soissons en 1931 est mis en valeur dans une des chapelles de la nef.

L’entretien incombant à l’État est permanent à la cathédrale : réfection des toitures, des vitraux, du patrimoine mobilier… En 2017, une violente tempête a fait voler en éclat les vitraux de la rose occidentale qui s’est effondrée sur le grand orgue. Un nouveau programme de restauration est en cours.

En 1840, la cathédrale est classée parmi les monuments historiques.

Visité en 2026.

 

23 Rue des Déportés et Fusillés, 02200 Soissons

Accès libre

 

Sources:

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/IA02001564

https://vpah-hauts-de-france.fr/ressources/la-cathedrale-saint-gervais-saint-protais-soissons/

https://www.techno-science.net/glossaire-definition/Cathedrale-Saint-Gervais-et-Saint-Protais-de-Soissons.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gervais_et_Protais

Le bras sud de son transept d'abord, joyau du sanctuaire, est un pur chef d'œuvre du gothique primitif.

Vierge en majesté romane

Statue de Saint-Gervais

Statue de Saint-Protais

Gervais et Protais étaient jumeaux, réputés fils de saint Vital de Ravenne et de sainte Valérie, et vivaient au Ier siècle sous le règne de l'empereur Néron.

En 386, Ambroise, alors évêque de Milan, fit donc exhumer et transférer les corps miraculeusement conservés dans la basilique de la ville, aujourd'hui Basilique Saint-Ambroise.

L'Adoration des bergers de Pierre Paul Rubens orne le croisillon nord du transept.

Reliquaire-monstrance des saints Crépin et Crépinien

Les destructions importantes subies par la cathédrale lors de la Première Guerre mondiale.

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